Le Mouvement se garde, pour le moment, d’annoncer une nouvelle opération de rupture de jeûne en public. A moins de deux semaines du Ramadan, le mouvement «Mali» relance le débat sur l’article 222 du Code pénal. Cette fois, les initiateurs de ce mouvement qui se veut revendicateur des «libertés fondamentales et des libertés individuelles» semblent [...]
Le Mouvement se garde, pour le moment, d’annoncer une nouvelle opération de rupture de jeûne en public.
A moins de deux semaines du Ramadan, le mouvement «Mali» relance le débat sur l’article 222 du Code pénal. Cette fois, les initiateurs de ce mouvement qui se veut revendicateur des «libertés fondamentales et des libertés individuelles» semblent s’en tenir au débat. Pour le moment. «Le mois de ramadan nous semble représentatif et «symptomatique» du combat que nous menons en faveur de la liberté de conscience et de religion», affirme-t-on auprès du mouvement. Cela sans aller jusqu’à annoncer une action similaire à celle de l’année dernière. La médiatisation dont a bénéficié le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, en tentant au mois de septembre de l’année dernière, de rompre le jeûne en public, a permis de relancer le débat sur l’adéquation entre le droit interne, le Code pénal dans ce cas, et les normes internationales des droits de l’Homme. «Nous, citoyens marocains, engagés dans la lutte des libertés fondamentales et des libertés individuelles, dénonçons le non-respect des droits de l’Homme et l’intolérance exacerbée», affirment en ce sens les membres du mouvement. Mohamed Sassi, juriste et membre dirigeant du PSU, reconnaît que l’article en question, stricto sensu, est contraire aux valeurs des droits de l’Homme. L’article, faut-il le rappeler punit d’un à six mois de prison quiconque qui rompt le jeûne publiquement pendant le Ramadan. «Cela permet-il de déclarer illégitimes les causes et considérations qui ont conduit à son élaboration ?». La question reste posée. N’empêche, fait noter le juriste, «la liberté de conscience est garantie par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Maroc». L’action du groupe ne sort pas de ce cadre. «Nous prônons la liberté d’opinions, de croyances et de choix de vie personnels», affirme son porte-parole. Or, explique le dirigeant du PSU, «l’on peut reprocher aux jeunes du MALI de ne pas se contenter d’appeler à l’abolition de cet article, mais de l’avoir violé publiquement». Et si quiconque, argumente ce juriste, considère des textes de loi contraires à ses convictions et se met à les enfreindre, ce serait faire peu de cas de la loi et des institutions avec les conséquences qui en découlent. Une donne dont les initiateurs du mouvement semblent de plus en plus conscients. Car, depuis cette fameuse initiative de Ramadan de l’année dernière, les groupes ont manifestement gagné en maturité et comptent, désormais, sur un élan de sympathie aussi bien au niveau national qu’international. Un capital symbolique qu’il n’est vraisemblablement pas prêt de dilapider vainement.
tahar abou el farah




