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L’OCI se penche sur la crise syrienne

Les dirigeants des pays membres de l’Organisation de la Coopération Islamique(OCI) se sont réunis hier à La Mecque au sujet de la crise syrienne. Par ailleurs, une réunion préparatoire en prélude de ce sommet avait recommandé la suspension de la Syrie de l’organisation.

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La réunion des chefs d’Etat du monde musulman à La Mecque a été précédée par celle des ministres des Affaires étrangères. Ces derniers ont recommandé la suspension de la Syrie de l’Organisation de la conférence islamique.

Les dirigeants de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) se sont réunis, hier, en Arabie saoudite au sujet de la crise syrienne. Ce sommet extraordinaire à l’initiative du roi Abdallah d’Arabie saoudite et au cours duquel le Maroc a été représenté par le prince Moulay Rachid, est destiné à accroître la pression sur le régime de Bachar al-Assad, qui mène une répression sans précédent depuis dix-sept mois contre sa propre population. Notons que la Syrie, membre de l’OCI, n’était pas représentée à cette rencontre des chefs d’État du monde musulman. Lors de la réunion préparatoire tenue, lundi à La Mecque, en prélude au sommet, les ministres des Affaires étrangères ont recommandé la suspension de la Syrie de l’organisation islamique, une mesure à laquelle s’est opposé l’Iran, un fidèle soutien du régime syrien. De sources concordantes, l’Algérie était également réticente au sujet de cette suspension. « Un projet de résolution a été adopté à la majorité absolue des participants à la réunion et il sera soumis à l’approbation des dirigeants au sommet de La Mecque », a toutefois confirmé, Ekmeleddin Ihsanoglu, le secrétaire général de l’OCI. L’objectif du sommet d’hier était surtout de mobiliser le monde musulman, divisé sur la crise syrienne, de sorte à réfléchir à une solution commune qui pourrait mettre fin aux violences en Syrie. Selon un responsable du ministère saoudien des Affaires étrangères, Mohammed Ahmed Taieb, cité par l’AFP, certains délégués ont appelé à une position encore plus ferme à l’égard de Damas, et voulu notamment exiger le départ du président Bachar al-Assad et la préparation de la période de transition.

Ingérences

« La situation douloureuse que vit le monde islamique ouvre la voie à l’affaiblissement de notre Oumma (Nation) et donne des prétextes à l’ingérence dans nos affaires », a d’ailleurs prévenu le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal. Par ailleurs, Les États-Unis ont indiqué que leur envoyé spécial auprès de l’OCI, Rashad Hussain, suivait de près les travaux et que sa présence démontrait leur engagement à travailler avec leurs partenaires de la communauté internationale pour soutenir les aspirations du peuple syrien et mettre plus de pression sur le régime de Bachar al-Assad. Cependant, les divergences entre les membres de l’OCI risquent de ne pas faire aboutir les travaux à une déclaration commune contraignante à l’égard du régime syrien. Toutefois, à l’heure où nous mettions sous presse, les conclusions de cette importante rencontre n’étaient pas encore rendues publiques. Pour sa part, le président du Conseil National Syrien (CNS), Abdel Basset Sayda, a appelé le sommet de La Mecque à adopter une position ferme pour mettre fin aux tueries quotidiennes et forcer le régime à partir.

Zone d’exclusion aérienne

Sur le terrain, les violences se poursuivent. Les rebelles ont, de nouveau, réclamé une zone d’exclusion aérienne. Mais, la mise en place de zones d’exclusion aérienne en Syrie « n’est pas la priorité », a déclaré le secrétaire américain à la Défense Léon Panetta, cité hier par le Washington Post. À Alep, des explosions ont notamment été entendues durant la matinée dans les quartiers rebelles de Salaheddine et Seif al-Dawla, alors que les quartiers de Sahour, Hanano et Chaar sont soumis à un pilonnage de la part de l’armée. L’armée syrienne est entrée lundi avec des chars à Seif al-Dawla, un quartier jusque-là tenu par les rebelles dans l’ouest de la capitale économique de la Syrie. Il y a quelques jours, les forces gouvernementales affirmaient avoir repris le quartier de Salaheddine des mains des insurgés. À Damas, l’armée syrienne poursuit sa campagne de perquisitions et d’arrestations entamée lundi. Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), les quartiers sud de Damas ont également été bombardés avec l’artillerie et des hélicoptères. La même source ajoute que de nombreux habitants de la capitale fuient de peur d’une opération des forces armées. De sources concordantes, le diplomate représentant la Syrie au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a rejoint l’opposition, faisant une nouvelle défection au sein du régime. Par ailleurs, la responsable des affaires humanitaire de l’ONU, Valérie Amos, est arrivée, hier, à Damas. Elle doit notamment rencontrer, au cours de son séjour, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem et le président du Croissant-Rouge syrien Abdel Rahmane Attar.

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