Logistique commerciale : le Maroc bon élève
Les progrès accomplis dans le domaine de la performance de la logistique commerciale se sont ralentis au cours des deux dernières années, mais les pays qui ont poursuivi des réformes ont continué d’améliorer leur performance, selon la dernière étude de la Banque mondiale.

Les transports et la logistique ont un effet direct sur le prix et sur la disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés locaux.
« La logistique commerciale est essentielle à la compétitivité économique, à la croissance et à la réduction de la pauvreté», note Otaviano Canuto, vice-président au département Réduction de la pauvreté et gestion économique (PREM) à la Banque mondiale. « Malheureusement, le fossé logistique entre les pays riches et les pays pauvres perdure, la convergence observée entre 2007 et 2010 a cessé par la suite, notamment, de la récession mondiale, et la crise de l’endettement en Europe a détourné l’attention de la réforme de la logistique ». Selon la dernière étude consacrée par la Banque mondiale à la logistique commerciale, intitulée Connecting to Compete 2012: Trade Logistics in the Global Economy, les pays à revenus élevés dominent le classement logistique, tandis que les pays les moins performants sont les économies moins développées, qui sont souvent des pays enclavés, de petits États insulaires ou des pays sortant d’un conflit. La performance logistique n’est toutefois pas simplement déterminée par le niveau du revenu par habitant puisque de nombreux pays affichent de meilleurs résultats que d’autres dans différents groupes de revenus.
Performance supérieure à la moyenne
Le Maroc dans tout ce lot, se positionne confortablement dans le groupe des pays à revenu intermédiaire tranche inférieure, qui affichent des améliorations de leurs performances supérieures à la moyenne aux côtés de l’Inde et les Philippines. Dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure, les pays en tête du classement sont l’Afrique du Sud, la Chine et la Turquie tandis que dans la catégorie des pays à faible revenu, ce sont le Bénin, le Malawi et Madagascar qui obtiennent les meilleurs résultats. «L’infrastructure est le principal moteur des progrès dans les pays affichant les meilleurs résultats, suivie par l’amélioration des services logistiques et de la gestion des douanes et des frontières», explique Mona Haddad, responsable du secteur du Commerce international de la Banque mondiale. « Dans tous les pays qui se trouvent en tête du classement, on observe une étroite coopération entre le secteur public et le secteur privé, et la poursuite d’une démarche qui couvre tous les aspects du développement des services, de l’infrastructure et d’une logistique efficace ».
Perspectives d’avenir
L’étude des LPI 2012 décrit les conditions nécessaires à une logistique efficace. Tous les pays en tête du classement se caractérisent par l’existence de solides partenariats public-privé et le maintien d’un dialogue entre les deux secteurs ; une bonne coopération entre les responsables de l’action publique, les praticiens, les administrateurs et les universitaires ; et la poursuite d’une démarche qui couvre tous les aspects du développement des services de transport, de l’infrastructure et d’une logistique efficace. Le rapport fait valoir que ce n’est qu’en encourageant la coopération entre le secteur public et le secteur privé, et en prenant en considération l’impact de tous les organismes intervenant le long de la chaîne d’approvisionnement qu’un pays peut apporter des améliorations durables à ses capacités logistiques.
Logistique et denrées alimentaires
Par ailleurs, l’étude attire l’attention sur le rôle important de la logistique dans la sécurité alimentaire au moment où les prix des denrées alimentaires atteignent des niveaux sans précédent. Les transports et la logistique ont un effet direct sur le prix et sur la disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés locaux parce qu’ils déterminent la performance et de la capacité d’adaptation des chaînes alimentaires, en particulier dans les pays d’Afrique et du Moyen-Orient qui sont largement tributaires des importations alimentaires. Dans les pays en développement, en particulier les pays enclavés et pauvres, les transports et la logistique contribuent pour 20 à 60 % au prix des produits au point de livraison. Ils constituent 48 % du coût du maïs importé des États-Unis par le Nicaragua.
Une logistique verte
Sur un autre registre, l’étude montre également que la logistique verte gagne rapidement en importance dans les pays à revenu élevé et dans les économies émergentes – ce qui est encourageant puisque la logistique et les activités liées au transport peuvent être à l’origine de jusqu’à 15 % aux émissions de dioxyde de carbone imputables à l’homme. D’importants prestataires de services logistiques comme DHL, FedEx, UPS et TNT ont lancé des initiatives mondiales pour réduire leur empreinte carbone, acquièrent des véhicules ayant un meilleur rendement, accroissent l’efficacité de leurs installations et aident leurs clients à devenir plus respectueux de l’environnement. ◆

