Qu’on le veuille ou non, notre avenir passe par la construction du Maghreb et d’un espace africain plus large. Le paradoxe est que tout le monde, toutes sensibilités confondues s’accorde sur le réservoir de croissance qu’offrirait l’émergence d’un espace commun. Tout comme tout le monde voit en l’Afrique la solution aux problèmes de maintien des [...]
Qu’on le veuille ou non, notre avenir passe par la construction du Maghreb et d’un espace africain plus large. Le paradoxe est que tout le monde, toutes sensibilités confondues s’accorde sur le réservoir de croissance qu’offrirait l’émergence d’un espace commun. Tout comme tout le monde voit en l’Afrique la solution aux problèmes de maintien des économies occidentales et le relais pour les acteurs continentaux. Il est tout de même aberrant de constater que les échanges intra-maghrebins frôlent à peine les 2%, quand la moyenne des agrégations régionales tourne autour de 40% avec les impacts substantiels sur le PIB de chacun des pays concernés. 2%, c’est aussi le gain de croissance pour la région, à l’heure où tous les décideurs cherchent à relancer l’emploi et les conditions de vie de leurs citoyens. Ouverture des frontières, union douanière, monnaie commune, les pistes ne manquent pas pour proposer la meilleure configuration qui satisfasse les exigences de politique, de souveraineté et d’économie de tous les acteurs. Ce qui manque, c’est une vision commune et la volonté d’imprimer à l’histoire un virage structurant au delà des querelles de chapelles. La déclaration du président tunisien au sein du flambant neuf siège de l’Union africaine «offert» par la Chine, va dans le bon sens. L’installation de la BERD au Maroc, la création de Casa Finance City sont autant de pions importants qui contribuent à donner de la consistance à un vœu que les Maghrébins caressent depuis les premières indépendances. La performance des entreprises marocaines en Afrique, que ce soit dans le secteur de la finance, des assurances ou des télécommunications sont aussi à mettre au rang des outils d’une construction qui ne dit pas son nom. De fait, les efforts seraient pour pasticher Molière, à l’image de monsieur Jourdain qui dit de la prose sans le savoir, des briques apportées à la construction d’un édifice sans que l’objectif soit exprimé. Or, le simple fait d’orienter les énergies vers un but précis permettrait de les optimiser et d’éviter les digressions inutiles.




