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Managem tend la main au Sud-Est

Le Groupe minier Managem a tenu à Zagora sa première rencontre-étude, après 80 ans d’existence, avec la société civile de la région Sud-Est. Le but étant d’établir une stratégie globale pour un développement durable. Vue d’ensemble.

Managem-tend

La rencontre-étude entre Managem et les principaux acteurs socioéconomiques de la région Sud-Est, s’est tenue le week-end dernier à Zagora.

« Nous nous sommes toujours préoccupés de la question du développement durable. Managem a jugé opportun aujourd’hui de travailler avec la région Sud-Est du Maroc. La société civile, les autorités locales et les élus des régions périphériques ont exprimé leur détermination et ce sont dit prêts à se pencher, en collaboration avec Managem, sur les questions socioéconomiques de la région. Toutes nos expériences seront exploitées afin d’arriver à un résultat satisfaisant ». Abdellaziz Abarro, PDG du Groupe minier Managem, révèle par ces mots sa détermination, mais aussi les défis que Managem s’est engagée à relever avec les acteurs associatifs de la région Sud-Est.  Sous le thème « Quelle stratégie pour un développement durable dans les régions minières du Sud-Est », la rencontre-étude qui s’est tenue à Zagora, a permis de présenter les points phares de la stratégie de développement durable de Managem dans l’ensemble des domaines, qu’ils soient sociaux, économiques, environnementaux ou encore culturels. En plus des quelque 120 experts, agences, responsables d’entreprises, représentants des collectivités locales, syndicalistes et professeurs universitaires, Managem a finalement ouvert le débat avec le Collectif associatif pour le développement et la démocratie, Zagora, de par son dynamisme et son expérience dans les affaires locales, et le Forum des alternatives Maroc, pour son rôle prépondérant dans les forums.  Ces derniers, bien avant l’arrivée de Managem, veillaient au développement de la région, mais les moyens n’étaient pas toujours favorables. Pour Abderrahim Chahid, président du Collectif associatif pour le développement et la démocratie, Zagora, « Managem a bien fait de s’intéresser aujourd’hui aux régions du Sud-Est car, il est vrai qu’il n’y a qu’une ou deux régions minières en pleines tensions sociales, mais cela risque de dégénérer en contestations générales dans toutes les provinces défavorisées ».

Double engagement

Les propos tenus par Abdellaziz Abarro, PDG du groupe minier Managem, expriment une ambition pour faire le diagnostic de la situation dans les provinces minières et leurs environnements. Managem s’engage notamment à développer des stratégies de gestion entre les entreprises minières et leur environnement mais aussi établir des programmes sectoriels en adéquation avec les programmes de développement humain qui préoccupent les entreprises minières et les habitants de la région. Concernant les engagements de la société civile, Abderrahim Chahid précise : « Nous jouerons comme d’habitude notre rôle d’observateurs et nous veillerons à l’encadrement de la population. Nous pouvons dire que dans cette première rencontre, nous avons à moitié réussi en rassemblant des parties concernées ». Rappelons que, lors de manifestations dans la région d’Imiter, certains avaient accusé Managem de surexploiter les eaux de leur région. Abarro avait répondu que « les eaux exploitées par Managem dans cette région proviennent en effet  d’un puits près d’Imiter mais les habitants aussi en profitent. Il y a sûrement un problème de sécheresse et nous sommes prêts à construire un nouveau puits rien que pour eux ». ◆

Interview  avec

Abderrahim-ChahidAbderrahim Chahid, Président du Collectif associatif pour le développement et la démocratie, Zagora

Que va être le rôle de la société civile dans la politique du développement durable du Groupe Managem ?
Nous avons deux rôles importants à jouer, le premier étant de faire une étude et d’établir des discussions structurées et complètes afin de connaître les desseins de chaque partie participante aux différents chantiers. Chacun devra mettre en application son expérience mais aussi ses compétences. Le second rôle sera de proposer un ensemble de projets et d’activités susceptibles de donner de la vie aux régions Sud-Est. Si aujourd’hui les opportunités d’emplois dans les régions minières sont rarissimes – ce qui est normal car Managem ne peut pas recruter tout le monde – il est par contre possible d’élargir le tissu associatif et faire participer les habitants des régions minières dans le processus de prise de décision. Chose qui n’est pas anodine.

Certaines régions minières ont manifesté contre la politique de Managem. Quelles étaient leurs revendications ?
Entre 2001 et 2005, le premier problème qui s’était posé, c’était la grande mine de Blida. Plusieurs études avaient parlé de l’existence de quelque millions de tonnes de déchets. Si cette information s’avère vraie, il faut que les responsables concernés agissent pour le bon respect de l’environnement. L’autre région minière qui a été secouée, c’est Imiter. Leurs revendications exigeaient des opportunités d’emplois, un développement social et le respect de l’environnement. Managem n’a encore rien fait pour eux, le débat est encore ouvert, mais les habitants d’Imiter tiennent depuis un an des sit-in espérant trouver une issue à leurs problèmes.

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