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Culture

13 janvier 2012

Manhattan de Woody Allen

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New York est indissociable de l’œuvre de Woody Allen, même si ces dernières années, il multiplie les escapades européennes, de Londres à Barcelone, en passant par Paris. L’intarissable et prolifique cinéaste a filmé sa ville sous tous les angles et elle est demeurée longtemps une source d’inspiration inépuisable pour lui. Mais de tous ses films, [...]

La cinémathèque idéale de Ali Hajji

La cinémathèque idéale de Ali Hajji

New York est indissociable de l’œuvre de Woody Allen, même si ces dernières années, il multiplie les escapades européennes, de Londres à Barcelone, en passant par Paris. L’intarissable et prolifique cinéaste a filmé sa ville sous tous les angles et elle est demeurée longtemps une source d’inspiration inépuisable pour lui. Mais de tous ses films, Manhattan est probablement le plus bel hommage cinématographique rendu à ce jour à cette ville du monde. L’ouverture de Manhattan est exemplaire. Et même si on aime ou pas la suite, force est de reconnaître la puissance visuelle et narrative de cette première séquence. « Chapitre 1 : Il adorait New York. Il l’idolâtrait au-delà de toute mesure. Euh, non non non mettons plutôt… Il romançait New York au-delà de toute mesure et pour lui quelle que soit la saison, elle restait une ville qui existait en noir et blanc et qui vibrait aux rythmes du grand Gershwin. Non non non je recommence… »  Par le biais de l’humour, Woody Allen se met dans la peau d’un écrivain en train de débuter son roman et feint d’atténuer un peu le sérieux de la chose en raturant à plusieurs reprises la première page de son livre à venir. Défilent ensuite sur la musique de Gershwin ,de somptueuses images de la ville en noir et blanc. Gratte-ciels en noir & blanc, enseignes lumineuses clignotantes, ponts métalliques, rues enneigées, foules new-yorkaises, ferries et taxis, travailleurs des rues regardant passer de jolies femmes, sorties d’écoles, joueurs de street basket-ball, joggeurs, magasins, tas d’ordures amoncelées sur les trottoirs, musée d’art moderne, Central Park, fontManhattanaines, théâtres de Broadway, Yankee Stadium… Et la séquence se clôture en apogée par un feu d’artifice au-dessus de la ville. Pourquoi avoir conçu Manhattan en noir et blanc ? « Parce que c’est l’image que j’en ai d’elle quand j’étais petit ». New York vue à travers le prisme de l’enfance… Scénariste de télévision, Isaac Davis (Woody Allen) est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi, passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. Sa deuxième épouse (Meryl Streep) qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans (Mariel Hemingway) avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale (Michael Murphy), son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton) dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux… On retrouve dans Manhattan toutes les obsessions de son auteur. Mais au delà de la superficialité apparente du propos, le cinéaste livre une ode amoureuse à sa ville qu’il connaît jusque dans ses moindres recoins.Filmer en noir et blanc un sujet intimiste était un pari osé. Woody Allen le remporte ici haut la main en créant une œuvre aboutie, emprunte de visions majestueuses. Mais  Manhattan c’est aussi un regard sans concession sur le microcosme intellectuel new-yorkais, avec des dialogues longs et pointus. Sous l’angle de la comédie et de la légèreté, pointe en effet un propos plus profond et assez tragique. Et ce parfait équilibre en fait une œuvre magistrale, à voir et à revoir avec le même plaisir, qui ne s’altère jamais.◆




 
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