Maroc-UE : pour une dynamique « people to people »
La dynamique de changement qui traverse le monde arabe a amené l’Union européenne à reconsidérer sa relation avec les pays de la rive sud de la Méditerranée en l’axant davantage sur la dimension culturelle, éducative et humaine.

La commissaire européenne a rencontré plusieurs responsables marocains dont le ministre délégué aux Affaires étrangères.
Lors de sa visite à Rabat, la commissaire européenne a promu l’idée d’une coopération où l’humain serait mis en avant par rapport aux accord habituels orientés sur l’économie, la sécurité ou l’immigration. Selon elle, les événements récents qu’a connu la région obligent à repenser notre relation si l’on souhaite construire une relation durable et solide.
Des projets ciblés pour accompagner le Maroc
«Le Maroc fait face à des défis dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation et de la culture. Nous avons la possibilité de faire plus. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de débloquer des fonds plus importants. L’an dernier, ce sont 750 projets de mobilité qui ont été financés pour les étudiants du sud de la Méditerranée. Dont 160 marocains », a déclaré Mme. Vassiliou. Depuis 2004 le Maroc a reçu plus de 23 millions euros de l’Union européenne pour des échanges universitaires. Pour 2012, c’est 80 millions d’euros en plus qui seront injectés dans le cadre du programme «Spring», en soutien aux réalisations du Maroc par rapport aux défis du printemps arabe. En 2014, l’ouverture du programme d’échanges universitaires Erasmus s’étendra au Maghreb et permettra aux étudiants et aux professeurs des deux rives d’en bénéficier. En dehors de l’éducation, la culture est aussi une priorité pour la commissaire européenne qui y voit « un vecteur de raffermissement de la démocratie et du rapprochement entre les peuples ». C’est dans cet esprit que le Maroc a été invité à ratifier la convention de l’Unesco pour la promotion de la diversité culturelle afin de pouvoir profiter d’une plus grande interaction entre les instituts culturels des deux rives. Ce souhait, qui avait déjà été exprimé à Athènes en 2008 est une priorité pour Mme. Vassilliou.
De nouveaux programmes pour les jeunes
Le dernier chapitre, relatif à la jeunesse, consiste à relever le défi du chômage des jeunes, à leur proposer des formations pour les rapprocher des exigences du monde du travail, dans le cadre d’un budget de 2 millions d’euros. Parmi les multiples initiatives dans ce domaine, «Youth in action program» donne la possibilité a des jeunes de participer a des échanges et de participer à des actions de volontariat. Environ 160 projets marocains ont été financés par ce biais et environ 630 Marocains en ont bénéficié. Ces programmes offrent la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences, pratiques, transversales, appréciées par les employeurs et facilitent donc l’accès au travail. Cette stratégie basée sur trois éléments (jeunesse, éducation et culture), est le socle d’une plus grande coopération et découle de la nouvelle stratégie européenne 2020 pour la croissance. La prise en compte des dimensions humaines et culturelles s’inscrit dans cette tendance qui devrait contribuer à renforcer les liens entre l’Union européenne et ses voisins du sud. ◆

