Imprimer

Environnement

12 octobre 2011

Même plus sûr, le nucléaire divise

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) veut désormais renforcer la sûreté nucléaire dans le monde. Cependant, l’idée est loin de séduire toute la communauté internationale. Au Maroc, des associations sont pour le projet gouvernemental de nucléaire local. D’autres y sont franchement opposées.

La catastrophe nucléaire au Japon a contraint bien des pays, y compris le Maroc, à se positionner vis-à-vis de cette énergie.

La catastrophe nucléaire au Japon a contraint bien des pays, y compris le Maroc, à se positionner vis-à-vis de cette énergie. Photo AFP

La  sonnette d’alarme a été tirée, en matière de nucléaire et au niveau mondial, après la catastrophe de Fukushima. Ainsi, en marge de la dernière Assemblée générale des Nations unies à New York, il y a quelques jours, les dirigeants du monde se sont réunis pour débattre de la question.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui n’envisage pas de sortir son pays du nucléaire, a prôné un renforcement accru de la sûreté nucléaire dans le monde. « La vraie question n’est pas ‘’nucléaire ou pas nucléaire’’ mais quelle sûreté pour le nucléaire », a-t-il estimé devant ses pairs. « La France serait prête à accepter une revue obligatoire parce que le nucléaire doit aller de pair avec le plus haut niveau de sécurité. Les exigences les plus élevées doivent être appliquées à chacun sur tous les continents. Cela doit passer par une harmonisation des standards de sûreté technique », a ajouté le chef d’État français.

Engagement des pays concernés

Compte tenu de la situation actuelle au Japon où les autorités redoutent toujours le pire, plusieurs chefs d’État et de gouvernement ont confirmé le processus amorcé par l’Agence internationale de l’énergie atomique(AIEA), qui prévoit d’établir des contrôles mutuels sur la sécurité des centrales nucléaires et la mise en place de procédures de réaction rapide en cas d’accident.

« le Maroc doit développer les énergies renouvelables, car elles sont en phase avec le développement durable et assurent également l’avenir des générations futures»
Ghizlaine Ghellab, leader du collectif « Maroc solaire, Maroc sans nucléaire »

Ce processus engage notamment les pays à accueillir des équipes internationales pour tester leurs centrales, en complément des examens nationaux. Il prévoit également la mise en place des équipes d’intervention rapide en cas d’accident, n’importe où dans le monde, et le renforcement de l’efficacité des agences nationales de régulation dans les pays concernés. Actuellement, il n’existe pas de régulations de sûreté nucléaire internationales obligatoires, on trouve seulement des recommandations de l’AIEA que les autorités régulatrices nationales sont chargées d’appliquer. « La mise en œuvre des actions proposées représenterait un pas en avant significatif », a estimé l’agence onusienne dans un communiqué. Cependant, les pays comme la Chine, les États-Unis, l’Inde et le Pakistan, tous détenteurs de centrales nucléaires, ne sont pas forcément favorables à cette nouvelle donne. Ils prônent plutôt le maintien de la souveraineté nationale concernant le nucléaire. En revanche, l’Allemagne a complètement renoncé à l’atome et se tourne dorénavant vers les énergies renouvelables.

Collectif né sur Facebook

Au Maroc, le nucléaire suscite aussi beaucoup d’inquiétude et d’interrogations depuis que le gouvernement a fait part de son ambition de doter le pays d’une centrale qui réduira sa dépendance énergétique. Plusieurs associations pro et anti-nucléaire ont, dès lors, vu le jour.

Pour les unes, il s’agit de soutenir le projet du gouvernement, compte tenu des bénéfices que peut apporter cette technologie. Pour les autres, le Maroc n’a aucun intérêt à développer le nucléaire. Ceux-là préconisent le développement des énergies renouvelables, qui contrairement à l’industrie du nucléaire, génèrent beaucoup plus d’emploi. C’est le cas de Maroc solaire, Maroc sans nucléaire, un collectif né sur Facebook et qui s’oppose farouchement au nucléaire marocain. « Nous n’avons pas besoin de cette source d’énergie au Maroc. Elle est obsolète », estime la figure de proue de ce collectif, Ghizlaine Ghellab, contactée par Le Soir échos. Elle dénonce aussi le manque de transparence dont font preuve les autorités concernées sur le dossier. « Nous devions normalement avoir un débat national sur le nucléaire au mois de juin dernier, mais les autorités n’ont pas voulu nous parler et ont tout fait pour empêcher la tenue de ce débat », déclare-t-elle. Selon Ghizlaine Ghellab, « le Maroc doit développer les énergies renouvelables, car elles sont en phase avec le développement durable et assurent également l’avenir des générations futures ».◆




 
Articles en relation
 

 
nod-tegra

Nod teqra : pour que la lecture devienne une habitude

Dimanche, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur célébrée le 23 avril, le collectif « Nod T9ra » (Tous pour la lecture) a organisé une séance de lecture spontanée dans plusieurs villes d...
 
 
Eneko-Landaburu-Fouad-Douiri-et-Saïd-Mouline

L’efficacité énergétique appliquée dans le bâtiment

Financés par l’Union européenne et pilotés par l’ADEREE, neuf projets de démonstration de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment viennent d’être sélectionnés et présentés mardi dernier à Raba...
 
 
Nucléaire

La société civile s’interroge sur le nucléaire

En partenariat avec le collectif Maroc Solaire Maroc sans nucléaire, le Cercle des jeunes démocrates marocains organise aujourd’hui à l’ENCG d’El Jadida un débat sur le nucléaire au Maroc.
 

 
La coalition « Printemps de la dignité » a tenu jeudi une conférence à Casablanca pour exprimer sa postion sur la réfrome du code pénal.

Les ONG exigent la réforme du code pénal

La coalition « Printemps de la dignité » dénonce la position des deux ministres Mustapha Ramid et Bassima Hakkaoui au sujet de la réforme du code pénal. Le collectif associatif exige l’aboutissement d’un projet de loi...
 
 
 

Nucléaire ?

Il y a un an, des conditions météorologiques exceptionnelles provoquaient la plus grande catastrophe nucléaire du Japon dont le pays mettra, hélas, encore des années à effacer la trace. L’occasion était trop belle pour...
 
 
Iran

Iran : L’AIEA dépêche ses inspecteurs

Une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est arrivée, hier, à Téhéran afin d’élucider les zones d’ombres du programme nucléaire iranien. Une visite de deux jours qui devrait permet...
 

 
Longreach Oil and Gas a annoncé hier l’achèvement de son programme sismique 2D sur son permis « Zag », près de Tarfaya.

énergie : les appétits s’aiguisent

Après Tangiers Petroleum, voici que la compagnie australienne Longreach Oil and Gas annonce l’achèvement avec succès de ses études sismiques 2D. Détails sur le potentiel gazier et pétrolier dans la région du Sud du Mar...
 
 
 

L’éolien intégré : c’est parti !

L’ONE vient de lancer une invitation à pré-qualification, afin de désigner une première liste des sociétés auprès desquelles il sera lancé un appel d’offres. Celle qui décrochera ce marché sera chargée de dévelo...
 
 
Le Maroc est désormais une destination très prisée des étrangers en quête de beauté éternelle.

Chirurgie esthétique : les spécialistes en conclave à Casablanca

Les spécialistes de la chirurgie esthétique et de médecine anti-âge ont rendez-vousles 20 et 21 janvier à Casablanca, pour discuter des nouvelles techniques de rajeunissement.
 

 
 

Energie

Le Maroc, fidèle à ses engagements donne un coup d’accélérateur à ses projets de production d’énergie à base de sources renouvelables. D’ici 2019, les centrales qui devraient nous permettre de produire 42% de l’...
 

 
« La police a toléré certaines de ces manifestations, mais a parfois attaqué et violemment battu les protestataires… », soulève le rapport de HRW.

Ces droits qui ne sont toujours pas acquis

Dans son récent rapport sur les droits humains, l’ONG Human Rights Watch (HRW), siégeant à New York, constate les avancées du pays en termes des droits de l’Homme mais soulève en outre des irrégularités risquant de s...
 
 
Risques-et-vulnérabilité

Le Printemps arabe n’a pas épargné le Maroc

  Les effets du Printemps arabe sur les pays de l’Afrique du Nord  sont un secret de polichinelle. Si les différentes agences de notation ont réduit leurs notes attribuées à la Tunisie, à l’Égypte ou encore à l...
 
 
Le 111e derby de ce samedi entre le Wydad et le Raja se jouera dans un climat de forte tension. Photo Mehdy MARIOUCH

Un derby sous haute surveillance

Cette 14e journée sera dominée par le sommet WAC-Raja qui polarisera toute l’attention. Le 111e derby se déroulera sous haute surveillance, alors que la montée du hooliganisme inquiète de plus en plus. Le FUS, leader et ...
 

 
L’Ivoirien Bakary Koné, lors d’une rencontre avec l’ASSEC Mimosa d’Abidjan.

Les FAR préparent la phase retour

Les FAR de Rabat se sont lancés dans le mercato hivernal dès son ouverture samedi dernier. L’équipe est à son troisième transfert, loin devant le Raja et le Wydad qui ont recruté deux joueurs de l’ASEC Abidjan.
 
 
Ahmed Assid, philosophe et membre de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés

« La laïcité est le seul système où les religions peuvent cohabiter »

La nouvelle donne du paysage politique marocain réveille l’éternelle question : la laïcité peut-elle être marocaine ? Ahmed Assid, philosophe et membre de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés, répond...
 
 
Le constat est sans appel : les hooligans sont de plus en plus nombreux à gâcher les matchs.

La fièvre du hooliganisme

Lors du derby CODM-MAS, l’arbitre Bouchaïb Lahrech a du arrêter le match pour cause de hooliganisme, estimant que les joueurs n’étaient plus en sécurité. Aucun club n’est épargné par ce phénomène, pénalisé par ...
 

 
Plusieurs défaites successives ont plongé le WAC dans une période trouble. Photo Mohcine IDRISSI

WAC : un climat lourd avant le derby

Autant le Raja de Casablanca a retrouvé toute sa sérénité après de bons résultats, autant le WAC traverse une crise qui inquiète les supporters à la veille du derby.
 
 
63 % des Marocaines utilisent la pilule alors que 13 % restent encore fidèles à la méthode traditionnelle. 3 % seulement préfèrent l’injection contraceptive.

Les Marocaines préfèrent la pilule

La pilule est le moyen contraceptif le plus utilisé par les Marocaines. Elles sont 63 % à l’adopter alors que 13 % restent encore fidèles à la méthode traditionnelle.
 



One Comment


  1. ouanane

    Certes, le nucléaire n’est une solution parfaite pour résoudre les problèmes de la dépendance énergitique d’un pays mais reste quand même une solution efficace pour assurer sa dépendance énergitique tout en lui permettant un potentiel de développement économique satisfaisant.
    Si on prend l’exemple du Maroc, le pays dispose d’une mine importante d’énergies renouvelables (solaire, hydrolique, éolien, biocarburants…) mais ces ressources d’énergie ont aussi leurs limites et leurs exploitations ne peuvent passer sans occasionner des problèmes environnementaux et sociaux (impact sur le paysage, occupation du sol, consommation d’eau, concurrence de produits agricoles nutritifs…).
    l’idée donc est de combiner l’ensemble dans une politique énergitique intégrée, c à d; encourgaer les énergies renouvelables et en profiter au maximum et préparer aussi un programme nucléaire pouvant accompagner le développement économique et l’industriel du pays à moyenne termes.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>