Morsi poursuit ses consultations
Le nouveau président égyptien, qui va prêter serment demain devant la Haute Cour Constitutionnelle, poursuit ses consultations en vue de la mise sur pied d’un gouvernement le plus rapidement possible. En plus du bras de fer avec l’armée, Mohamed Morsi devra batailler dur pour améliorer la Constitutionnelle, du pays.

le nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, lors d’une rencontre avec l’ex-Premier minsitre, Kamal al-Ganzouri, au Caire lundi.
Mohamed Morsi poursuit les consultations avec les différentes composantes de la société égyptienne en vue de mettre sur pied un gouvernement pour répondre rapidement aux multiples attentes. Il a rencontré en début de semaine des familles des martyrs de la révolution parmi lesquelles Leila Marzouk, mère de Khaled Saïd, un jeune Égyptien battu à mort le 6 juin 2010 à Alexandrie par des policiers pendant sa garde à vue et qui est devenu un symbole de la répression policière et de la révolte. Le nouveau chef d’État a aussi reçu des délégations d’Al-Azhar, la plus haute autorité islamique d’Egypte ainsi que des représentants des différentes communautés chrétiennes d’Égypte dont notamment les Coptes. Ces derniers qui représentent près de 10% de la population du pays le plus peuplé du monde arabe sont inquiets depuis la chute du régime de Hosni Moubarak qui, pendant des années leur a garanti la sécurité.
Mission ardue, mais pas impossible
Ce sentiment d’insécurité s’est accru au sein de la communauté avec l’élection à la tête du pays d’un islamiste. Mais Mohamed Morsi, en homme d’État, a rassuré la délégation chrétienne lors de cette rencontre. « Je suis le président de tous les Égyptiens », avait-il déjà lancé lors de son premier discours après sa victoire, appelant à la « cohésion sociale. Une cohésion dont l’Égypte a grand besoin pour relever les défis qui s’imposent afin de triompher de la situation actuelle ». Le président élu, Mohamed Morsi va prêter serment demain devant la Haute Cour Constitutionnelle. Cette cérémonie marquera officiellement son entrée en fonction. Il a d’ores et déjà annoncé son intention de confier le gouvernement à un homme « indépendant », c’est-à-dire, un technocrate non affilié à une formation politique qui saura remettre les pendules à l’heure. Selon le journal gouvernemental Al-Ahram , Mohamed El Baradei, l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix 2005, proche des mouvements qui ont lancé la révolte contre le régime de Hosni Moubarak serait pressenti au poste de Premier ministre. Toutefois, ce dernier n’a pas encore manifesté son intérêt d’après des sources politiques citées par le même journal. La mission de cette équipe qui sera constituée dans les tous prochains jours s’avère d’ores et déjà ardue. Sur le plan politique, la confrontation avec les militaires semble inéluctable.
Aide financière contre réformes économiques
L’armée ayant dissout le Parlement avant les résultats du second tour s’est donc substituée en Assemblée du peuple et exercera donc ce rôle jusqu’à la tenue d’élections législatives. Cela suppose que les militaires, en plus de leur pouvoir de légiférer désormais, auront aussi la charge de contrôler l’exécutif. La situation économique alarmante du pays constitue toutefois le plus grand chantier de cette nouvelle équipe qui devra batailler dur pour améliorer les choses. Le tourisme, la hausse des déficits et notamment la perte de confiance des investisseurs sont les grands axes de ce chantier. Force est de souligner que même si Mohamed Morsi est issu de la confrérie des Frères musulmans, il a réaffirmé son attachement à l’économie de marché lors de sa campagne électorale. Pour accompagner la nouvelle ère qui s’ouvre, le Fonds Monétaire International(FMI) a tenu mardi à réitérer son soutien l’Égypte. « L’Égypte fait face à des défis économiques immédiats considérables, et en particulier à la nécessité de faire repartir la croissance et de corriger le déséquilibre du budget et celui des comptes extérieurs. Le FMI se tient prêt à soutenir l’Égypte pour relever ces défis et il est impatient de travailler en coopération étroite avec les autorités », a déclaré l’institution financière internationale dans un communiqué. Pour rappel, le FMI est en négociation depuis le début de l’année avec l’Égypte pour une aide de 3,2 milliards de dollars en contrepartie d’un programme de réforme économique. ◆

