Obama lance sa campagne
Censé faire le troisième bilan de son investiture à la tête des Etats-Unis, le président Barack Obama en a profité pour exposer son programme électoral. Les mots d’ordre sont : le made in USA, équité fiscale et plus d’emplois en imposant les délocalisations.

Barack Obama, entouré de Joe Biden, vice-président et John Boehner, président de la Chambre des représentants, lors de son discours, mardi à Washington.
Aller de l’avant, telle est la devise de Barack Obama. Intervenant mardi lors du traditionnel discours sur l’état de l’Union, le président des Etats-Unis a profité de l’occasion, non seulement pour présenter le bilan de son mandat, mais aussi pour dévoiler son programme pour son prochain mandat, s’il est réélu. Ainsi, selon l’AFP, le président affirme que son pays « était de plus en plus fort et s’est dit déterminé à empêcher un retour vers les politiques ayant débouché sur la crise économique ». Il a aussi assuré qu’il allait combattre l’obstruction par l’action et s’opposerait à toute tentative de revenir aux politiques qui ont provoqué cette crise économique.
L’équité fiscale
Les pistes pour y arriver ? Le « made in USA », une équité fiscale, et la répression de la délocalisation en inversant le système des avantages fiscaux. En effet, ceux-ci sont accordés aux multinationales qui se délocalisent. De même, le régime fiscal favorise clairement les riches qui sont imposés à des taux nettement inférieurs à ceux appliqués aux salariés. Une situation que le président trouve aberrante. Le locataire de la Maison Blanche a précisé que « des millions d’Américains, qui travaillent dur et respectent les règles, méritent un gouvernement et un système financier qui en font de même. Il est temps d’appliquer les mêmes règles de haut en bas ». Avant d’ajouter que « la réforme fiscale doit suivre la règle (du milliardaire américain Warren) Buffett. Si vous gagnez plus d’un million de dollars par an, vous ne devriez pas payer moins de 30% d’impôts », a-t-il poursuivi. Rapporté par Reuters, « Warren Buffett estime injuste d’être soumis à un taux d’imposition inférieur à celui de sa secrétaire Debbie Bosanek, qui était présente au Congrès, mardi, pour l’occasion ». Protéger le « made in USA »Pour ce qui est des sociétés qui délocalisent, Barack Obama a souligné que le régime actuel « n’a aucun sens » et qu’ « à partir de maintenant, toutes les entreprises multinationales devront payer une taxe de base et tout doit être fait pour accorder des avantages fiscaux aux entreprises qui veulent créer des emplois aux Etats-Unis (…) Il est grand temps d’arrêter de récompenser les entreprises qui délocalisent les emplois à l’étranger ». Quant au « made in USA », le président avait précisé que « plus d’un millier d’Américains ont du travail aujourd’hui parce que nous avons mis un terme à une flambée d’importations de pneus chinois, mais nous devons faire plus ». Sur un autre registre, celui de la fermeture des sites de streaming et de téléchargement (megaupload et megavideo), accusés de piratage, le président a annoncé, pour lutter contre le piratage, la création d’une entité « chargée d’enquêter sur les contentieux commerciaux, notamment avec des pays comme la Chine (pays où les deux sites sont implantés, ndlr)», en attendant probablement l’entrée en vigueur de la loi SOPA/PIPA. Toujours concernant la Chine, Obama a estimé qu’ « il n’est pas juste qu’un pays laisse nos films, nos disques et nos logiciels être piratés ». Sur le plan de la guerre, qui consume à elle seule l’essentiel du budget américain, le président a souligné que « pour la première fois depuis neuf ans, il n’y a plus d’Américains qui combattent en Irak. Pour la première fois depuis deux décennies, Oussama ben Laden n’est plus une menace pour ce pays », faisant référence au chef d’Al Qaïda, tué le 2 mai 2011 par un commando de forces spéciales américaines au Pakistan. L’Iran n’aura pas la bombe S’agissant du nucléaire iranien, le président américain a fait savoir que les Etats-Unis étaient « déterminés » à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et « gardaient toutes les options sur la table pour atteindre ce but ». Une solution pacifique de cette question est encore possible si l’Iran décide de remplir ses obligations, a-t-il ajouté. Le chef de la Maison Blanche entame dès mercredi une visite de trois jours dans cinq Etats clés pour promouvoir et détailler ses propositions, précise la dépêche de Reuters. Il est attendu dans l’Iowa et l’Arizona mercredi, où il devrait faire la promotion du « made in USA ». Jeudi, il devrait se rendre dans le Nevada et le Colorado pour exposer sa vision de l’énergie. Sa tournée devrait s’achever vendredi dans le Michigan et se centrer sur l’éducation.◆

