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Maroc

13 février 2012

Partis : et si on parlait démocratie interne ?

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Culture héritée et usage biaisé, les partis politiques ne se gênent nullement de vouloir diriger le pays alors que les bases d’une démocratie interne leur échappent. Tour d’horizons chez les dinosaures et les nouveaux de la scène politique.

Alors que les discours vont dans le sens du rajeunissement de la scène politique, les dinosaures, eux, n’en démordent toujours pas.

Alors que les discours vont dans le sens du rajeunissement de la scène politique, les dinosaures, eux, n’en démordent toujours pas.

Nul doute que les dernières législatives ont bousculé les agendas politiques de nombreuses formations. En effet, en dehors du PJD, les autres partis connaissent des difficultés internes particulièrement difficiles. Des difficultés de nature à mettre leur organisation et leur management en péril. Quid de la démocratie interne ? Quid du référentiel idéologique ? Quid de la transparence au niveau de la structure décisionnelle ? Quid d’une réelle volonté de renouveler les cadres ? Sur ces différents aspects, force est de reconnaître que (trop) peu de partis politiques ont opté pour la modernisation de leurs organisations pour ensuite assumer pleinement leur mission d’encadrement des populations. Valeur aujourd’hui, est-il concevable qu’Abdelilah Benkirane, nouveau chef de gouvernement, continue à diriger le PJD en sa qualité de secrétaire général ? Lorsque ce dernier est emmené à s’exprimer publiquement, le fait-il avec sa casquette de chef de gouvernement ou avec celle de chef du parti ? Interrogé sur le sujet, des membres du PJD indiquent que « la question ne se pose pas aujourd’hui. Il faut savoir qu’au PJD, il y a plusieurs responsables qui siègent au sein du secrétariat général et que les décisions et les orientations du parti sont prises de manière collégiale ». En clair, la succession à Abdelilah Benkirane à la tête du parti n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant, et tout porte à croire que personne au PJD n’est disposé, voire en capacité de (se) poser la question. Du coup, Benkirane continuera à cumuler ses doubles fonctions. Une configuration que le MP (Mouvement Populaire) a
« évitée » avec la décision prise par le (nouveau) ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, qui, à peine la passation de pouvoir effectuée avec Taïeb Cherkaoui, a remis les clés du parti à Saïd Ameskane, aujourd’hui secrétaire général du MP. Reste à savoir si les militants ont été (réellement) concertés.

En attendant les communales

Mais, qu’en est-il des autres formations politiques? Après être passé par des zones de perturbations, il semblerait que le parti de l’Istiqlal a retrouvé une certaine accalmie avec la désignation de l’ancien ministre Taoufik Hejira comme « médiateur » et surtout chef d’orchestre de l’organisation du futur Congrès du parti, prévu en 2013, assurant ainsi une sortie honorable à Abbas El Fassi. Du coup, sa succession n’étant plus à l’ordre du jour, le parti historique a retrouvé calme et quiétude. Pour ce qui est du RNI, bon nombre d’observateurs avertis de la scène politique considèrent que Salaheddine Mezouar serait déterminé à sauver son fauteuil de secrétaire général : il multiplierait les contacts auprès des membres influents pour que ces derniers influent et influencent celles et ceux qui seront amenés à voter pour l’élection du secrétaire général lors du prochain Congrès, prévu durant la période mars-avril 2012. Si aucune date n’a été arrêtée, il en est de même pour les règles du jeu en vigueur au sein des instances internes du parti de la Colombe. Salaheddine Mezouar et son comité de soutien s’emploieraient à éviter toute exercice de démocratie interne de peur fragiliser, encore un peu plus, son statut de chef du parti. Pour ce qui est de l’USFP, la succession à Abdelouahed Radi serait conditionnée par la date des prochaines communales. Selon des sources internes au parti, la tenue du Congrès Ittihadi se tiendra après le scrutin communal et régional. De facto, c’est l’actuel secrétaire général qui conduira la campagne électorale. Ce qui est plus que surprenant, c’est le silence quelque peu assourdissant à l’USFP autour de la succession à Radi et sur l’identité des candidats. Comme s’il était malvenu, voire déplacé, de faire entendre sa voix sur le sujet. Comme si la normalité imposait des règles de bienséance. « Transparence et démocratie réelle, où êtes-vous ?», serait-on tenté de dire ? Comment est-il possible d’ambitionner diriger un pays, prendre en main la destinée d’une nation et de tout un peuple, se vouloir porteur d’un projet démocratique, prôner la bonne gouvernance, sans que valeurs et principes démocratiques ne soient une réalité chez les partis? ◆




 
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