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Passe d’armes entre le PPS et le PAM

25 novembre 2011…27 février 2012. Plus de trois mois se sont écoulés depuis les élections législatives, l’occasion de procéder à un « arrêt sur image » sur la conjoncture politique et de prendre le pouls des forces politiques en présence.

PAM

Depuis sa création, le PAM n’arrive toujours pas à clarifier sa position sur l’échiquier politique.

Trois mois après la tenue des élections législatives anticipées, qu’en est-il de l’environnement politique ? S’il est (trop) prématuré de tenter de dresser un bilan de l’action du gouvernement, piloté par Abdelilah Benkirane, il n’en reste pas moins qu’un point de situation s’impose au vu du contexte politique, la nouvelle carte politique et le contexte sur fond de tensions multiples. Tensions politiques avec des partis qui doivent faire face à des…tensions internes comme l’Istiqlal, le RNI, l’USFP et, dans une moindre mesure le PPS ou encore le PAM, qui, malgré l’élection de Mustapha Bakkoury, comme nouveau Secrétaire général, n’a pas encore fait savoir son positionnement idéologique. Tensions financières avec les sorties médiatiques de certains ministres du Gouvernement qui déclarent publiquement que les caisses de l’État sont vides ou encore tensions sociales avec l’irruption de mouvements de contestations sociales (Taza, Beni Mellal, Salé). Du coup, qu’en est-il de l’atmosphère politique ambiante ?

Toutes les options restent envisageables

Pour Abdeslam Seddiki, membre du Bureau politique du PPS, « il ne faut pas d’ores-et-déjà juger l’action du gouvernement. A contrario, il faut prendre en considération les difficultés actuelles, et plus particulièrement en matière de ressources financières de l’Etat. En tant que membre du Bureau politique du PPS, j’ai participé à l’élaboration du programme commun, et je peux assurer que chaque parti a apporté sa contribution. Pour autant, et après concertation avec les membres du parti, si on ne se retrouve pas ou plus dans la conduite des politiques publiques, nous le ferons savoir», précise Abdelslam Seddiki. Reste à savoir ce qui est sous-entendu dans «ferons savoir». « Tout est possible y compris, après évaluation, de se désolidariser du gouvernement », ajoute-t-il. Pour ce qui est de la forme, est-ce que cela se traduirait par une démission du gouvernement ? Un maintien avec comme « justificatif » un soutien critique ? Laissons le temps au temps comme le dit l’expression.

Un gouvernement de frustration…

Du côté du PAM, on se veut critique, tout en étant consensuel. « Nous souhaitons pleine réussite à ce gouvernement car les marocains attendent des mesures et des réformes concrètes, à même d’apporter des réponses à leurs préoccupations. Cependant, nous allons veiller à ce que les orientations politiques soient en adéquation avec les attentes et surtout les besoins des citoyens. Pour l’heure, ce qui m’interpelle, c’est la présence du PPS dans ce gouvernement. En effet, la conjoncture qui s’est traduite par le discours historique du 9 mars 2011, la nouvelle Constitution et le déroulement d’élections législatives anticipées auraient dû permettre de dégager des blocs politiques et de clarifier le paysage politique. Or, cela reste en suspend avec le PPS dans ce gouvernement », indique Samir Belfkih, membre du Conseil national du PAM. « Nous avons décidé de participer à ce gouvernement avec le souci de relever les défis qui s’offrent à nous. Le Maroc a besoin de toutes ses forces vives pour les relever», dixit Abdesslam Seddiki. « Je crois que le PPS a plutôt été convaincu par l’attribution de ministères et non par autre chose. Bref. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est que ce gouvernement devienne un gouvernement de frustration », conclut Samir Belfikh. Autant dire qu’il devrait y avoir du « sport » durant
cette législature. ◆

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