Presse
«Charité bien ordonnée commence par soi-même», dit l’adage. Alors au nom d’une profession fragile, dont la place dans l’édification d’une société démocratique est importante, au nom des tentatives timorées et cependant avortées dans un passé, pas si lointain que cela, permettons-nous d’ajouter nos doléances à celles qui s’accumulent sur le bureau du chef de gouvernement. [...]
«Charité bien ordonnée commence par soi-même», dit l’adage. Alors au nom d’une profession fragile, dont la place dans l’édification d’une société démocratique est importante, au nom des tentatives timorées et cependant avortées dans un passé, pas si lointain que cela, permettons-nous d’ajouter nos doléances à celles qui s’accumulent sur le bureau du chef de gouvernement.
Bien que le code de la presse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ait été toiletté à plusieurs reprises, depuis sa première mouture en date de 1958 – soit deux ans à peine après notre indépendance -, le chemin à parcourir est encore long.
Depuis, ce texte régissant les rapports entre la presse et la Justice ne contient plus que 6 articles prévoyant des peines d’emprisonnement, contre 80 dans sa première mouture. L’évolution est importante. Mais sur les dernières épines encore en vigueur, l’accent doit porter sur la responsabilité des protagonistes tout autant que sur leurs droits qui doivent être réellement garantis ainsi que sur la suppression des peines de prison qui planent comme une épée Damoclès sur tous les acteurs de la profession.
Près de nous, la Tunisie, qui a connu de grands changements depuis un an, a mis sur pied, dans les six mois suivant la chute de Ben Ali, un code de la presse qui frôle la perfection et qui pourrait servir de canevas à l’équipe qui héritera de ce projet dans le gouvernement Benkirane. Exit les peines privatives de liberté et négociations pour inscrire les droits de la presse dans la nouvelle Constitution sont des messages à méditer.
En élargissant le débat à l’ensemble des attentes qui sous-tendent l’élection du PJD, l’urgence de s’atteler à la tâche devient tangible. Jongler avec les contraintes, les demandes, les chantages et les pressions, plus ou moins élégantes, ne doit pas devenir une fin en soi. Il faut aller vite, au risque de prendre quelques risques pour mettre en marche une machine qui aura besoin de gros efforts pour en optimiser le fonctionnement et le rendement.

