- La direction palestinienne a donné son feu vert au lancement de pourparlers indirects avec Israël.
- B. Netanyahou s’est félicité de la reprise des discussions de paix.
- B. El-Assad juge qu’Israël n’a pas l’air prêt pour la paix.
Le processus, avant même d’être enclenché, suscite scepticisme et hostilité, chez les Palestiniens et les Israéliens. Des divergences fondamentales persistent sur le tracé des frontières du futur Etat palestinien, le statut d’Al Qods, l’avenir des colonies juives et le droit au retour des réfugiés palestiniens. (AFP)
Cette décision a été annoncée par Jibril Rajoub, du Fatah, à l’issue d’une réunion de trois heure samedi dernier à Ramallah entre les dirigeants de l’OLP et du Fatah. Elle était attendue depuis que Mahmoud Abbas s’était dit intéressé par l’ouverture de telles négociations.
Le Secrétaire général de l’OLP, Yasser Abed Rabbo, a affirmé avoir reçu de la part de Washington, «des assurances concernant les activités de colonisation et la nécessité de les arrêter». Les Etats-Unis ont également exprimé leur détermination à réagir «en cas de provocations qui influenceraient le cours des négociations», a-t-il indiqué.
Après ces assurances et ce feu vert, le président palestinien a reçu à Ramallah l’émissaire américain George Mitchell qui doit annoncer dimanche «la date du début des négociations» après une ultime rencontre avec Abbas, selon le principal négociateur palestinien Saëb Erakat. Dans un communiqué, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est félicité de la «reprise des discussions de paix. La position d’Israël a été et reste que ces discussions doivent être menées sans conditions préalables afin de parvenir rapidement à des négociations directes».
Lors d’une réunion à Ramallah, le Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a «approuvé la participation à des discussions indirectes, et ce à la majorité des présents», a annoncé un Yasser Abed Rabbo. «L’heure est aux décisions», a déclaré Erakat après un entretien d’une heure entre Abbas et Mitchell, le deuxième en 24 heures.
Mitchell est revenu à Ramallah dimanche à 11h00 locales pour un ultime entretien avec Abbas avant de rentrer aux Etats-Unis, a précisé Erakat. «Le sénateur Mitchell annoncera personnellement demain la position américaine sur les pourparlers et la date du début de négociations».
L’émissaire américain est dans la région depuis le début de la semaine pour préparer le lancement «formel» des négociations indirectes, après le gel des pourparlers directs en raison de la guerre de Gaza (décembre 2008-janvier 2009). Les pourparlers dits «de proximité» doivent, en principe, durer quatre mois et couvrir notamment les questions liées aux frontières, une revendication palestinienne, et à la sécurité d’Israël, comme le réclame Netanyahou.
Une roquette tirée à partir de la bande de Gaza a explosé dans un champ du sud d’Israël.
Mais le processus, avant même d’être enclenché, suscite un grand scepticisme, sinon de l’hostilité, chez les Palestiniens et les Israéliens. Des divergences fondamentales persistent sur les dossiers-clés: tracé des frontières du futur Etat palestinien, statut d’Al Qods, avenir des colonies juives et droit au retour des réfugiés palestiniens. Côté israélien, le ministre de la Défense Ehud Barak, chef du Parti travailliste (centre-gauche), a «espéré que les deux parties puissent parvenir à des négociations directes et à une percée en vue d’un accord, si elles adoptent une approche responsable et acceptent de prendre des mesures courageuses nécessaires».
Maître de la bande de Gaza d’où il a chassé le Fatah de Abbas en juin 2007, le mouvement islamiste Hamas a dénoncé le feu vert à la reprise des contacts avec «l’occupant israélien». «En prenant cette décision, l’OLP a perdu toute légitimité pour le peuple palestinien», a dit un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, accusant l’Autorité palestinienne de Abbas «d’avoir touché de l’argent américain». De son côté, le président syrien, Bachar El-Assad, répondant à une nouvelle offre de médiation de la Turquie, a jugé samedi que ce n’était pas le moment pour Damas de reprendre les négociations de paix avec l’Etat hébreu. «Israël n’a pas l’air prêt pour la paix», a-t-il dit lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue turc Abdullah Gül à Ankara. En soirée, une roquette tirée à partir de la bande de Gaza a explosé dans un champ du sud d’Israël sans faire de victime, selon des sources militaires israéliennes.


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