Quelle porte de sortie pour la coalition ?
La coalition cherche une porte de sortie après cinq mois de guerre sans résultat concret en Libye. La « solution politique négociée » fait désormais partie des options de sortie de crise.

L’OTAN n’a jamais été dans une position confortable, surtout avec l’entêtement incongru de Kadhafi. AFP
Le conflit libyen s’inscrit dans la durée et personne, même dans les rangs de l’OTAN, ne semble vraiment maîtriser le cours des événements. Faut-il continuer la guerre alors qu’on sait que cela ne fera pas plier le colonel Muammar Kadhafi ? Telle est la question qui se pose actuellement. Cinq mois déjà que la guerre a commencé et pourtant rien. Le régime est toujours en place et ne semble d’ailleurs pas s’inquiéter. L’Alliance atlantique est dans une impasse inavouée sur le terrain. Les rebelles n’avancent pas non plus dans leur offensive sur Tripoli. Alors le temps n’est-il pas venu de réunir les deux parties en conflit autour d’une table pour une solution politique ?
En tout cas tout porte à croire que cette idée n’a pas manqué d’effleurer l’esprit des tenants de la coalition. Car si au départ la France et le Royaume-Uni s’accordaient sur le fait que Muammar Kadhafi devait absolument « quitter la Libye », on se rend compte aujourd’hui que le ton a bien changé. « Kadhafi peut rester en Libye s’il renonce à tout rôle politique dans le pays», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé à la mi-juillet. Est-ce un aveu de faiblesse?
Une solution pour éviter la partition
Cette déclaration prouve que les pays de la coalition ont pris conscience de la réalité sur le terrain et veulent désormais s’y faire. Car, aux antipodes des rebelles qui ne disposent pas d’une organisation disciplinée, les hommes de Muammar Kadhafi ont reçu des formations et sont bien équipés. Compter sur un groupe d’hommes armés pour gagner une guerre s’avère impossible pour l’OTAN malgré ses raids aériens qui ont considérablement réduit la puissance militaire du régime libyen. Il est aussi important de souligner que l’entêtement du guide libyen traduit l’échec de la mission de la coalition en Libye.
Même si le Conseil national de transition est reconnu par plusieurs pays occidentaux, cela reste néanmoins insuffisant pour dénouer la crise. La solution politique semble être la plus plausible aujourd’hui, car c’est la seule façon de pouvoir éviter l’imminente partition de la Libye.◆

