L’aire Rabat-Salé-Kénitra dispose, depuis mercredi dernier, de sa « Film Commission » , fondation placée au service du 7e art. La région de la capitale succède ainsi à celle de Ouarzazate. D’autres Film Commissions devraient voir le jour.
Et de deux ! Le Maroc possède, après la création de celle de Ouarzazate en janvier 2008, sa deuxième fondation « Film Commission ». L’assemblée générale constitutive de la « Film Commission » de Rabat-Salé-Kénitra, qui s’est réunie mercredi dernier à Rabat, avait des allures de simple coup d’envoi.
Autour de la table, on trouvait, d’une part, les membres fondateurs, que sont le ministère de la Communication, le Centre cinématographique marocain (CCM) et le Conseil de la Ville de Rabat, et, de l’autre, les adhérents de la fondation, qui ont dépêché des représentants pour l’occasion. Parmi eux : l’association Ribat al-Fath, la Société d’aménagement de la baie du Bouregreg, ou encore le Centre régional d’investissement.
Mantrach président
En deux temps trois mouvements, le président de la fondation a été nommé au cours de ladite réunion. Il s’agit d’Abdelhak Mantrach, qui est notamment président du Festival international de Rabat.
La « Film Commission » de Rabat veut vendre l’image de la région à l’étranger et, ainsi, faire du pied aux producteurs.
Les objectifs de la « Film Commission » ont également été dévoilés. La fondation aura notamment pour mission « la promotion, l’information sur les opportunités de tournage et de services cinématographiques et audiovisuels, la facilitation de l’accueil des équipes de production, ou encore l’encouragement du recours aux prestataires de service locaux ».
La « Film Commission » de Rabat vise également à se faire connaître en étant présente dans les festivals internationaux, pour tenter de vendre l’image de la région et, ainsi, faire du pied aux producteurs de cinéma. Mais la fondation nouvellement créée ne souhaite pas uniquement être tournée vers l’étranger. Faciliter les tournages marocains est un souhait émis par de nombreux adhérents.◆
ENTRETIEN AVEC …
Mustapha Stitou, secrétaire général du Centre cinématographique marocain (CCM)
« D’autres ‘‘Film Commissions’’ vont voir le jour »
Comment s’est manifesté le besoin de créer une deuxième « Film Commission » au Maroc ?
Le développement du cinéma marocain et ,en particulier, de la production étrangère au Maroc, nous ont poussés à créer cette instance. Les « Film Commissions » existent dans plusieurs pays européens et dans des pays arabes, telle la Jordanie.
Au départ, l’objectif de la création de la première « Film Commission » à Ouarzazate était le développement des tournages dans la région. Aujourd’hui, l’impact des tournages étrangers sur la région est d’ailleurs colossal ! Emploi, tourisme et développement économique sont générés par ces tournages.La Film Commission de Ouarzazate existe depuis bientôt quatre ans. Qu’a-t-elle apporté de plus ?
Une étude, réalisée dans le Souss-Massa-Drâa, a démontré qu’il y avait d’importantes potentialités dans la région. Actuellement, la « Film Commission » permet de faciliter la tâche aux sociétés étrangères qui viennent tourner au Maroc et, surtout, d’œuvrer à attirer le maximum de productions étrangères.
L’idée est ensuite venue de multiplier ce genre d’institutions au niveau des régions du Maroc. Un contrat-programme a été signé entre le ministère de la Communication et le CCM, qui prévoit, entre autres, la création de « Film Commissions » dans toutes les régions du Maroc.Les villes de Rabat, Salé et Kénitra possèdent-elles une attractivité suffisante pour devenir des lieux de tournage prisés ?
Lorsque nous créons une « Film Commission » , même quand il n’y a pas de potentialités, il faut réfléchir à la création d’opportunités. Plusieurs films, à la fois marocains et étrangers, ont déjà été tournés dans la région. Les membres du comité préparatoire ont constaté que la région était vaste, et disposait de divers atouts naturels.Quelle place sera accordée à la réhabilitation des salles de cinéma de la région ?
Le problème des salles de cinéma est là. Il faut travailler là-dessus : participer à la sensibilisation des Communes, des Agences urbaines et, plus généralement, des décideurs, pour rénover des salles de proximité déjà fermées et pour créer, dans le cadre des plans d’aménagement des villes, des espaces réservés au cinéma.Où seront créés les prochaines « Film Commissions » ?
Parmi les régions susceptibles d’en créer figurent celles de Tanger, Oujda, et Marrakech. Marrakech figure d’ailleurs en pole position, si l’on observe le nombre de tournages dans la région.






