La capitale du pays dispose désormais, grâce à son plan communal de développement, d’un état des lieux détaillé de ses forces et faiblesses. Celui-ci a été présenté lors de la consultation de la ville, organisée les 10 et 11 février à Rabat. Place à l’action !
Le Plan communal de développement fait état de nombreuses disparités sociales entre les différents quartiers.
A l’image d’un être humain, une ville a besoin d’effectuer un check-up complet pour savoir si elle est en bonne santé. Avant de s’atteler à la recherche de remèdes. C’est dans cette optique que la ville de Rabat a fait l’objet, courant 2011, d’un diagnostic territorial nommé « plan communal de développement » (PCD). Ses résultats ont été présentés les 10 et 11 février lors de la consultation de la ville, et détaillés pour approbation de la part des élus.
Que dit le PCD de Rabat ? Il part de ses spécificités et ses potentialités. Et celles-ci sont nombreuses. Son statut de capitale n’y est pas étranger. « En plus de ses fonctions politiques et administratives, Rabat doit être la capitale du savoir et de la connaissance, une capitale culturelle et environnementale », a ajouté Fathallah Oualalou, maire de la ville. Capitale à multiples facettes, Rabat est souvent qualifiée de bonne élève du pays. Ville qui doit donner l’exemple. Ville en perpétuelle évolution, Rabat pullule de chantiers gigantesques qui la promettent à un bel avenir. Mais elle possède également de nombreuses zones d’ombre.
Inégalités spatiales flagrantes
La capitale a plusieurs enjeux à relever. Démographiques notamment, puisqu’elle doit se préparer au vieillissement de sa population, et rééquilibrer l’écart important entre arrondissements. « Yacoub El Mansour et Youssoufia totalisent 60 % de la population sur 22 % du territoire, alors qu’Agdal-Ryad et Souissi occupent 70 % du territoire pour 19 % de la population ». Des faiblesses persistent également au niveau socio-économique. Le poids toujours important du secteur public (40 % des actifs), une concurrence déloyale des marchands ambulants et le boom du secteur informel dans son ensemble ont été soulignés au cours du diagnostic.
Les élus doivent unifier leur vision
Le Plan communal de développement fait également état de nombreuses disparités sociales entre les différents quartiers. On note « un net clivage entre les quartiers populaires du littoral atlantique (Médina, Océan, Akkari,…) et ceux de l’est (comme Takaddoum) d’une part, et les quartiers favorisés (Agdal, Ryad, Souissi) de l’autre ». Face à ces disparités, aucune vision partagée sur le devenir des quartiers n’a encore été pensée. Une des solutions proposées par le PCD pour réussir à relever ces défis, repose sur l’autonomisation de la ville, en particulier au niveau financier. Pour cela, elle devra « diversifier des activités génératrices de richesses et d’emplois ». Un moyen d’enrichir ses fonctions traditionnelles « centrées sur les dimensions administrative, universitaire et tertiaire ». Au lendemain de cette consultation de la ville au sujet du plan communal, un plan d’action décliné en programmation pluriannuel sera élaboré. Une sorte de feuille de route mise à la disposition de l’équipe municipale de la ville. Des élus qui devront travailler ensemble. En effet, le PCD a révélé « une absence d’homogénéité politique évoquée par certains élus ». Ce qui constitue une entrave à la conception consensuelle d’un projet urbain partagé.◆
Rabat, capitale africaine en 2013
Plusieurs enjeux doivent être relevés par la ville de Rabat, aussi bien démographiques qu’économiques et sociaux. D’autant plus qu’elle sera bientôt sous les feux des projecteurs. En 2012, Rabat fête son centenaire en tant que capitale . « Ceci nous oblige à rappeler son Histoire et son évolution, tout en pensant sérieusement à son avenir », a tenu à lancer Fathallah Oualalou lors de la consultation de la ville. En 2013, Rabat abritera le 4ème congrès mondial de CGLUA (Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique). A cette occasion, entre 3.500 et 4.000 maires de villes africaines seront accueillis.




