Une réunion devait avoir lieu hier entre les sept syndicats représentant les médecins. Les professionnels maintiennent leur opposition par rapport à la libéralisation du secteur de la santé. Ils adresseront aujourd’hui ou demain leur réponse commune à Yasmina Baddou par rapport à son projet de loi. La réforme de la loi régissant l’exercice de [...]
- Une réunion devait avoir lieu hier entre les sept syndicats représentant les médecins.
- Les professionnels maintiennent leur opposition par rapport à la libéralisation du secteur de la santé.
- Ils adresseront aujourd’hui ou demain leur réponse commune à Yasmina Baddou par rapport à son projet de loi.
La réforme de la loi régissant l’exercice de la médecine au Maroc revient aux devants de la scène.
Les sept syndicats représentant les médecins des secteurs public, privé et universitaire devaient se réunir hier, mercredi dans la soirée, pour se concerter sur la réponse à adresser à Yasmina Baddou concernant sa proposition. «A l’issue de cette rencontre, une réponse qui reflète la position commune des médecins du public, privé et universitaire sera adressée jeudi ou vendredi à la ministre concernant ce projet de loi qui représente un danger pour la profession et la santé des patients», note Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL) et coordinateur du Comité des sept syndicats des médecins (Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL), les syndicats nationaux de la santé publique affiliés à la CDT et à la FDT, les fédérations nationales du secteur de la santé affiliées à l’UGTM, l’UMT et l’UNTM et le Comité de coordination des Facultés de médecine et de pharmacie, qui relève du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP)). Et de poursuivre : «Si cette loi est adoptée, ce sera la catastrophe». Les propos de ce professionnel de la santé reflètent l’opposition et le refus catégorique des blouses blanches de ce texte qui vise la libéralisation du secteur de la santé. Pour rappel, le projet de loi proposé par le département de Yasmina Baddou ouvre le capital d’un établissement médical à des investisseurs autres que professionnels. Ainsi, «n’importe quel commerçant qui veut investir ce domaine, peut créer une clinique ou même un groupement de cliniques», s’indigne Bennani Naciri. Les professionnels s’opposent également au concept du salariat médical arguant que «ce système réduirait le médecin, qui est sous les ordres du commerçant, à un simple exécutant du gestionnaire financier de la clinique».
Le projet de loi proposé par le département de Yasmina Baddou ouvre le capital d’un établissement médical à des investisseurs autres que professionnels.
Cette clause du texte législatif, élaboré par les soins du département de Yasmina Baddou, présente un danger pour l’indépendance de la décision médicale, mettant en garde les professionnels protestataires, qui brandissent l’argument de l’éthique et de la déontologie. «Des notions étrangères aux commerçants à la recherche du gain matériel».
Les professionnels de santé ne sont pas les seuls à s’opposer à cette réforme. Les professions libérales et associations oeuvrant dans le domaine des droits de l’Homme adhèrent à ce mouvement de protestation.
Rappelons qu’un collectif d’une vingtaine d’organisations a été créé pour former un bloc d’opposition. AMDH (Association marocaine des droits humains), CMDH (Centre marocain des droits de l’Homme), Union nationale des professions libérales, Instance nationale de protection des biens publics, Syndicat national des experts comptables et commissaires aux comptes, Syndicat libre des architectes du Maroc, Mutuelle générale des barreaux du Maroc, Confédération des associations des consommateurs…plus d’une vingtaine d’organisations qui crient haut et fort «NON!» à la proposition de Yasmina Baddou. Ce collectif, note Bennani Naciri, se réunira également pour décider de l’action à entreprendre pour faire pression sur le ministère de la Santé pour le retrait définitif du projet. Lequel projet de loi n’a pas encore franchi les murailles de la Santé. Notons que ce collectif a déjà organisé un forum national en mai 2009 à Casablanca pour manifester son opposition au projet. «La santé est un droit humain que l’Etat a la responsabilité de garantir à tout citoyen», tel est le mot d’ordre de ce collectif, qui appelle à une réforme qui, d’une part, ne compromette pas le développement du secteur de la santé et d’autre part, garantisse l’accès aux soins aux citoyens. Par ailleurs, les professionnels de santé s’opposent, d’une manière virulente, à la politique d’assouplissement du ministère de la Santé à l’égard des médecins étrangers. Une clause dans le projet de loi régissant l’exercice de la médecine dans le pays donne droit à ces derniers d’exercer plus fréquemment au Maroc.





