Le discours de dimanche du roi Mohammed VI a consacré trois sujets : la régionalisation avancée au Sahara, le Maghreb et les élections du 25 novembre. En revanche, pas un mot sur le CORCAS.
La question des droits de l’Homme, notamment dans les provinces sahariennes, a été un point important du discours du roi Mohammed VI.
La régionalisation avancée dans les provinces du Sud a été un moment phare dans le discours du roi Mohammed VI, prononcé notamment à l’occasion du 36e anniversaire de la Marche verte. « Nous réaffirmons que le Sahara marocain sera un véritable modèle de régionalisation avancée, impliquant une élection démocratique de ses instances et un large transfert des pouvoirs et des moyens, du centre vers les régions, et prévoyant des mécanismes de solidarité régionale et nationale, de mise à niveau sociale et de développement humain », soulignait dimanche le souverain. Des engagements qui sont en phase avec le rapport de la Commission consultative de la régionalisation, rendu public en mars dernier et proposant la création de trois régions au Sahara : Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Saguia al Hamra et Dakhla-Oued ed Dahab.
Sauf changement de calendrier, 2012 sera l’année de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et ce par l’élection, au suffrage direct, des présidents des 12 conseils des régions qui auront de nouvelles prérogatives, notamment l’ordonnance des recettes et dépenses de fonctionnement du conseil. Des prérogatives qui, jusque-là, étaient une chasse gardée des représentants des gouverneurs et walis.
« La nouvelle Constitution prévoit la mise en place de mécanismes régionaux de protection et de promotion des droits de l’Homme, à travers le pays, y compris dans nos provinces sahariennes ».
Le roi Mohammed VI.
Le système administratif ne garantit pas, à lui seul la réussite de la régionalisation, un effort qui doit nécessairement s’accompagner d’un respect des droits de l’Homme. « La nouvelle Constitution prévoit la mise en place de mécanismes régionaux de protection et de promotion des droits de l’Homme, à travers le pays, y compris dans nos provinces sahariennes», rappelle le monarque. Le CNDH a d’ailleurs une section au Sahara.
Le silence officiel d’Alger
De son côté, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1979 d’avril dernier, s’est félicité « de la création d’un Conseil national des droits de l’Homme au Maroc et de son antenne envisagée pour le Sahara occidental, ainsi que de l’engagement qu’a pris le Maroc d’accorder un accès, sans réserves ni restrictions, à tous les titulaires de mandats relevant des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme ».
En relation avec la question du Sahara, l’intégration maghrébine est le second moment phare du discours royal. Une autre main tendue aux autorités algériennes en vue de l’édification d’un « Maghreb qui transcende l’enfermement dans les postures figées et les antagonismes stériles, et qui ouvre la voie au dialogue, à la concertation, à la complémentarité, à la solidarité et au développement, un Maghreb qui, fort des cinq pays qui le composent, serait un véritable moteur de l’unité arabe, un partenaire agissant de la coopération euro-méditerranéenne, un facteur de stabilisation et de sécurisation de la zone sahélo-saharienne, et un acteur structurant de l’intégration africaine », assure le souverain.
Deux jours après cet appel royal aux responsables algériens, aucune réaction n’a été émise du côté du Palais d’Al Mouradia, et encore moins du département de Morad Medelci. Et comme la nature à horreur du vide, c’est un « un haut responsable algérien ayant requis l’anonymat » qui explique, au site TSA, proche du pouvoir, la position d’Alger ; il commence par avancer que les propositions du Maroc manquent de « sincérité » pour ensuite soutenir que son pays n’a « aucun désaccord bilatéral avec le Maroc ». Des propos aux relents de « déjà vu ».◆
Les élections, l’autre moment phare
Le discours royal a consacré une partie aux élections anticipées du 25 novembre. Comme lors de l’ouverture de la dernière session du Parlement, le souverain a rappelé aux partis politiques l’importance que revêt ce scrutin « parce qu’il constitue le principal indicateur à l’aune duquel se mesure la mise en œuvre démocratique de la nouvelle loi fondamentale ». Et d’ajouter que « ces élections devraient déboucher sur une majorité gouvernementale assumant, de façon cohérente, courageuse, audacieuse et résolument engagée, la responsabilité de gérer les affaires publiques et de rendre des comptes sur cette gestion devant une opposition constructive, agissant en force de proposition » et « d’une opposition parlementaire jouissant de la place effective qui lui échoit constitutionnellement, et non pas d’une simple minorité marginalisée ou exclue ».




