Le CMC recommande d’assurer un espace de responsabilisation et de gestion directe des citoyens. 68,5% de la population marocaine déspose d’un revenu annuel inférieur à 20.000 DH. Les conjoncturistes présupposent un rôle actif de l’Etat dans les initiatives de développement. Plus d’équité économique et sociale, élargissement du champ de la démocratie, mise en place [...]
Le CMC recommande d’assurer un espace de responsabilisation et de gestion directe des citoyens.
68,5% de la population marocaine déspose d’un revenu annuel inférieur à 20.000 DH.
Les conjoncturistes présupposent un rôle actif de l’Etat dans les initiatives de développement.
Plus d’équité économique et sociale, élargissement du champ de la démocratie, mise en place un système régulateur favorisant la solidarité dans la redistribution de la richesse nationale produite, assurer un espace de responsabilisation et de gestion directe des citoyens dans l’entreprise et la chose régionale… tels sont les grands axes prioritaires pour configurer les régions de demain dans le cadre du nouveau découpage à venir. C’est en substance le constat qu’on a pu tirer des pistes de réflexion apportées par du dernier bulletin annuel de l’économie marocaine du CMC. Cette approche essayiste qui a tenté de contourner une des problématiques des plus complexes ayant trait aux inégalités flagrantes entre productivité humaine et rendement territorial a également mis le doigt sur la nécessite de «réviser le système de génération et de lecture des indicateurs destinés à rendre compte de l’harmonie et de l’équilibre entre territoires». La lecture actuelle, sur la base des données fournies en 2007 par le Haut commissariat au plan(HCP), fait ressortir une forte inégalité dans la contribution de chaque région dans la richesse nationale, en lien avec la forte concentration géographique des activités économiques. Ainsi, 4 régions repérées par le découpage en vigueur, à savoir le Grand Casablanca, Rabat Salé-Zemmour-Zaër, Marrakech Tensift Alhaouz et Tanger Tetouan s’accaparent à elles seules de plus de la moitié du PIB, ce qui équivaut à 52,6%. sachant que ces 4 régions ne forment que 7,9% du territoire national. Par contre, seulement 9,2% de la valeur ajoutée nationale est assurée par cinq régions (Tadla Azilal ,Taza Al Hoceïma-Toaunate et les trois régions du Sud englobant les provinces sahariennes) représentant plus de la moitié du territoire (53,7%). Le PIB par habitant évalué à près de 20.000 DH en moyenne nationale nous renseigne significativement sur la répartition inégalitaire de la création de la richesse. En effet, 68,5% de la population marocaine que comptent 10 régions sur les 16 délimitées, n’ont droit qu’ à un revenu en deçà de cette moyenne. Alors que le reste, soit 9,7 millions d’habitants répartis sur les 6 régions restantes revendique un revenu supérieur à la moyenne. L’intensité des inégalités est d’autant plus manifeste quand «on dénombre 9 régions qui réalisent la performance de générer un PIB au km2 supérieur à la moyenne nationale contre six qui se trouvent en déça du moyen». Par ailleurs, le schéma d’une régionalisation élargie tel que conçu par les conjoncturistes laisse présupposer un rôle actif et central de l’Etat dans les initiatives de développement au lieu du rôle de simple facilitateur, à l’image des pays développés de l’occident. On est là en présence d’une logique interventionniste où certainement le partage des responsabilisations et des compétences suscitera une réadaptation aux nouvelles donnes, parce que la mondialisation exclut les acteurs démobilisés ainsi que les zones figées. De là , «la régionalisation est considérée par l’Etat comme un processus vertueux», est-il précisé. Cela étant, la résolution de l’équation dépend de la volonté de l’Etat de doter les entités de gouvernance locale d’un pouvoir de décision réel. Sans oublier l’optimisation des structures financières, le nerf de la guerre. «Ce saut qualitatif dans la responsabilisation serait à la base de l’émergence de leaderships régionaux», conclut-on.
Compétitivité territoriale
Principales faiblesses
*L’absence d’une plateforme autorisant l’émergence de leadership local et favorisant le débat avec les services déconcentrés pour la mise en œuvre d’une vision stratégique.
*L’ hétérogénéité du découpage territorial, décriée et annoncée par les acteurs pour entrave à la fédération des actions et à l’optimisation des impacts des programmes et projets de développement
*L’ indigence des moyens humains et matériels mis à la disposition de la région pour lui permettre de supporter l’essentiel de son développement.
*L’autonomie théorique qui se heurte dans les faits aux contraintes d’une tutelle qui ne cautionne pas toujours les délibérations du Conseil de la région.
*La faiblesse de l’articulation avec les entités décentralisées infra-régionales ; la région souffre particulièrement de l’absence d’emprise sur la gestion de l’espace territorial qui relève des prérogatives du Conseil communal.




