Chemsedine Ould Sidi-Baba, Chems pour les amis, porte bien son nom. Ingénieur, humaniste, visionnaire, il met ses talents au service de son pays, sans faire de bruit.  Quand on rencontre Chemsedine Ould Sidi-Baba, on est tout de suite à l’aise, peut-être de par son passage aux Etats-Unis où les rapports sont plus [...]
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-  Chemsedine Ould Sidi-Baba, Chems pour les amis, porte bien son nom. Ingénieur, humaniste, visionnaire, il met ses talents au service de son pays, sans faire de bruit.
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Quand on rencontre Chemsedine Ould Sidi-Baba, on est tout de suite à l’aise, peut-être de par son passage aux Etats-Unis où les rapports sont plus simples, ou par son éducation si ce n’est la somme des deux.
Dans son bureau clair de Hay Riad, quelques appareils étranges traînent sur un meuble. C’est son petit musée. De vieux appareils électroniques qui semblent sortis d’un film de science-fiction des années 70. Et pourtant, il s’agit simplement de vestiges d’une époque pas si ancienne que cela! Des GPS qui ont moins d’une dizaine d’années et qui ont servi de support pour les tests réalisés par Cadtech, son entreprise.
Le parcours de ce quadra est très instructif. Que ce soit de par les valeurs dont il se réclame ou par son expérience d’entrepreneur, le «citoyen marocain qui essaie de contribuer modestement à l’édifice Maroc», comme il se définit, a plus d’une flèche à son arc.
Avant de poser ses valises à Rabat, Chemsedine a suivi son diplomate de père à New York puis en Arabie Saoudite avant de passer son baccalauréat à Rabat pour retourner aux Etats-Unis d’où il est sorti de la prestigieuse Cornell University avec un Master en génie électrique.
Compagnon Scout de Sa Majesté Mohamed VI pendant leur adolescence, il a gardé de cette période le sens de l’engagement au profit des autres ainsi que le sens de l’économie. Parmi les personnes qui ont marqué son parcours, outre son père, «exemple de sagesse et de patriotisme», il y a Rachid Blemokhtar avec lequel il a fait ses premiers pas en entreprise au Maroc «qui a été une école d’inspiration et insufflé le sens de l’entreprise à toute une génération».
A suivi une expérience dans le domaine agricole qui lui a permis de se frotter à un Maroc loin des circuits feutrés de la capitale mais qui a enrichi son expérience et sa sensibilité.
L’ingénieur qu’il est ne pouvait pas rester longtemps loin de ses équations; sous les conseils de son épouse, il s’est focalisé sur ce qu’il sait le mieux faire.
C’est ainsi qu’à un moment où les Systèmes d’Information Géographiques (S.I.G) était encore balbutiants, il décide de se lancer dans une aventure risquée, loin des chemins balisés, au sens propre comme au sens figuré. Presque dix ans plus tard, le succès est au rendez-vous. A force de travail et de persévérance, il a réussi à relever l’un de ses plus gros défis en gagnant la confiance du leader du marché Télé Atlas avec lequel il va constituer la première base de donnée de navigation marocaine.
Aujourd’hui grâce à cela, après avoir arpenté et relevé l’intégralité du réseau routier marocain avec ses équipes, nous sommes «au même niveau que les pays européens».
«Le Maroc a beaucoup de liens séculaires avec les pays africains qui représentent un énorme vivier d’opportunités qu’il faut saisir».
Et comme une aventure comme celle-ci ne peut pas s’arrêter aux frontières du Royaume, Chemsedine a déjà intégré la dimension régionale dans son business plan. Pour lui, «le Maroc a beaucoup de liens séculaires avec les pays africains qui représentent un énorme vivier d’opportunités qu’il faut saisir».
Il est bien entendu impossible de dissocier le businessman de l’homme et du citoyen engagé pour qui, l’essentiel est de se focaliser sur la valeur ajoutée en reprenant le crédo de Mohamed Horani «oser et innover».
Sa plus grande conquête? Sa famille. Sa devise? «Se comporter avec les autres comme on aimerait que les autres se comportent avec soi».
Sa vision? Sortir de l’axe Casa-Rabat saturé et aller chercher les opportunités dans les régions du Maroc qui présentent chacune son lot d’avantages.
Ce qui fait avancer dans la vie ce rockeur-compositeur en herbe et adepte de yoga ? La vie tout simplement et la volonté de rester actif le plus longtemps possible, en ménageant sa curiosité d’enfant en espérant transmettre quelque chose d’utile.
Quant à Cadtech, créée en 1995, elle ne devrait plus s’occuper que de cartographie tandis que sa petite sœur Urbasoft (qui développe une plateforme de géolocalisation de dernière génération qui englobe le transport terrestre aérien et maritime et cofinancée par le fonds de l’innovation de la Caisse Centrale de Garantie) née sous les bons augures d’un visionnaire avéré et d’un tour de table avec des financiers de la place casablancaise elle sera le moteur de développement des technologies de géolocalisation et de gestion du territoire sous un angle e-gov.
Urbasoft a déjà à son actif le projet Municiplan, plateforme d’informations géographiques qui regroupe l’ensemble des infrastructures et projets sur un territoire donné pour permettre une meilleure coordination des actions entamées par les différents acteurs.
Municiplan a été présenté à Africités à Marrakech où il a rencontré un écho très positif. En particulier pour Guelmim qui a décidé de déployer ce concept.
Parmi les autres flèches à l’arc de Chemsedine, l’environnement. Loin des effets de mode, les projets qui mûrissent sous le chapeau de Ould Sidi-Baba comprennent un volet sur l’énergie solaire et les techniques d’agriculture en zone aride. «Greening the desert®» basé sur le choix de plantes adaptées et le respect de l’environnement. Intarissable sur le sujet, incollable sur les références, nous avons droit à un véritable exposé et surtout à une révélation-hommage à l’Institut agronomique de Rabat qui a développé dès les années 80 un fermenteur à méthane qui a été étudié par des experts américains et européens. L’Institut pour lui, est une réserve d’expertise qui ne demande qu’à être exploitée.Â
Et surtout ne lui parlez pas de l’environnement comme d’une lubie pour les pays riches!
La planète est un ensemble de ressources limitées qu’on ne peut utiliser comme une poubelle. L’impact de la pollution se fait ressentir à des milliers de km et les lobbies de l’industrie pétrochimique reprenant le modèle de l’industrie du tabac tentent de dissocier les causes des effets de leur activité. Pas besoin d’être un expert pour le comprendre.Â
L’ingénieur reprenant le dessus, «A court terme cet engagement peut sembler plus onéreux, mais si on intègre dans l’équation la dimension de destruction de l’environnement l’effet s’amenuise».
Quant à nous, nous restons à l’écoute de cet exemple en lui apportant notre aide morale à défaut d’autre chose.
Projet Guelmim Municiplan
La région de Guelmim aura un avenir très important pour le Maroc. Point focal entre nord et sud, entre Afrique et Maghreb, elle a beaucoup d’atouts comme sa proximité avec la mer (à 80 km) ou encore son écosystème et ses paysages fantastiques qui rappellent le sud des Etats-Unis. Bien desservie en infrastructures (aéroport) cette région peut être un vecteur important de la croissance économique du Maroc.
Le projet Municiplan est un projet de coordination et de connaissance du territoire consistant à recenser toutes les voieries pour mettre en place une numérotation postale qui permettra d’envoyer les taxes locales à tous les contribuables. Avec cela, l’augmentation des recettes fiscales améliorera les capacités financières de la ville.
Dans une seconde phase, tous les projets en cours seront suivis avec leur état d’avancement par les responsables et des fiches très simples seront instruites par les acteurs locaux pour permettre une meilleure synchronisation et une optimisation de la gestion.
En phase ultime, la ville aura un portail pour que les autorités et les administrations puissent travailler ensemble tandis que les investisseurs y trouveront les informations pertinentes et procédures à suivre et les citoyens l’ensemble des procédures disponibles.
Le point fort de cette approche innovante ? Une volonté de maintenir les coûts de réalisation très faibles pour ne pas tomber dans le travers des projets e-gov traditionnels, la mise en place d’un socle qui pourra être décliné sur d’autres municipalités et une prise en charge simplifiée de la gestion des Ressources Humaines locales.





