Le Parlement a fermé ses portes, sans vote de la loi de Finances. Entre la mouture laissée par l’ancien gouvernement et les changements intervenus entre-temps, la nécessité de revoir de fond en comble les hypothèses et les axes pour l’année en cours s’est imposée.Du coup, l’équipe d’Abdelilah Benkirane doit continuer son exercice d’équilibriste, en essayant [...]
Le Parlement a fermé ses portes, sans vote de la loi de Finances. Entre la mouture laissée par l’ancien gouvernement et les changements intervenus entre-temps, la nécessité de revoir de fond en comble les hypothèses et les axes pour l’année en cours s’est imposée.Du coup, l’équipe d’Abdelilah Benkirane doit continuer son exercice d’équilibriste, en essayant de minimiser le poids des contraintes. Bien que personne ne souhaite en parler, les questions d’un programme de rigueur et, entre autres, de la remise à plat du fonctionnement de la Caisse de compensation, ne pourront pas être évitées à l’infini. Il faudra du courage pour dire aux Marocains la difficulté dans laquelle se trouve le pays, et pour mesurer – ensemble – les efforts à faire. Le gouvernement actuel, qui est en train de réussir le délicat pari de simplifier le protocole et l’introduction d’une dose raisonnable de transparence dans l’exercice du pouvoir au quotidien, devrait utiliser la sympathie et la confiance dont il dispose auprès de citoyens pour établir, à travers une communication efficace, le canal pour hiérarchiser les priorités… en fonction des contraintes. Comme le dit le dicton populaire, il vaut mieux se couper la main que le bras, en cas de blessure grave. Bien que la situation ne soit pas catastrophique, il est urgent de prendre à bras le corps les sujets évoqués plus haut, pour éviter d’avoir à prendre des décisions avec la brutalité qu’impose l’urgence. La rigueur, à laquelle nous ne couperons pas, passe bien entendu par la réduction du train de vie du gouvernement, mais cela ne sera en rien suffisant. Cette mesure symbolique a simplement pour but de faire passer le message que les mesures prises concernent tout le monde. En plus des économies d’échelle et des réaffectations de budget, il faudra certainement penser à une meilleure allocation et une optimisation des ressources, en repensant notre manière de consommer. A ce titre, la poursuite d’une politique industrielle sérieuse, offensive, offrirait à elle seule une bonne partie des subsides dont nous avons besoin. Mais les résultats ne se faisant ressentir qu’à moyen et long termes, il faudra trouver des solutions tactiques rapides pour maintenir le bon cap.




