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Rio

Le sommet de Rio qui vient de s’achever a suscité autant de réactions que de participants. « Point de départ » d’une nouvelle politique volontariste respectueuse de l’environnement, il dresse quitus pour toutes les promesses non tenues et pour les chantiers qui ne verront certainement jamais le jour. Faut-il être pessimiste ou optimiste par rapport à ce [...]

Le sommet de Rio qui vient de s’achever a suscité autant de réactions que de participants. « Point de départ » d’une nouvelle politique volontariste respectueuse de l’environnement, il dresse quitus pour toutes les promesses non tenues et pour les chantiers qui ne verront certainement jamais le jour. Faut-il être pessimiste ou optimiste par rapport à ce rassemblement ? Posée comme cela, la question n’est pas importante. En revanche, mesurer l’efficacité de ces réunions permet de constater le décalage persistant entre les grandes assemblées, sommées de trouver un consensus, forcément mou, et la volonté des citoyens dont les demandes sont détournées, diluées et instrumentalisées par des lobbies et des groupements politiques. L’absence des deux plus grands pays pollueurs de Rio, les États-Unis et la Chine montre à quel point les divergences sont importantes entre les membres de la communauté internationale privilégiant leur intérêt propre au détriment d’une approche collective. Les efforts entrepris sur le plan national par les États-Unis prouvent que le sujet est important pour les Américains, ce qui pourrait paraître contradictoire avec leur opposition systématique à Kyoto et à Rio pour ne citer que ceux-là. Cette contradiction serait peut-être celle des antagonismes entre les rencontres comme celle de Rio qui techniquement ne peuvent pas aboutir à des conclusions audacieuses, et la politique nationale de pays qui gèrent leurs priorités selon leur propre agenda. Du coup, c’est la légitimité de ces sommets sous leur forme actuelle qui est remise en cause, appelant à une révision de leur fonctionnement. L’émergence des moyens de communication, internet, téléphone, plates-formes collaboratives, permet la collecte à grande échelle, et surtout sur des durées illimitées, des propositions et d’organiser des débats qui ne sont pas sous la pression médiatique pour proposer des pistes concrètes, ce que Rio n’a pas su, ou pu, faire. Et ce qui est valable pour l’environnement, l’est aussi pour les autres sujets qui font l’actualité. En somme, ce sont les outils de la gouvernance mondiale qui montrent ici leur limite et imposent une réflexion sur leur refondation.

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