Rio
Vingt ans après le sommet de la Terre, l’Assemblée générale des Nations Unies organise une nouvelle conférence pour le développement durable et l’éradication de la pauvreté, à Rio. Quarante ans après la Conférence internationale de Stockholm et dix ans après le Sommet mondial à Johannesburg, ces rencontres ponctuent l’histoire immédiate de rappels sur la nécessité [...]
Vingt ans après le sommet de la Terre, l’Assemblée générale des Nations Unies organise une nouvelle conférence pour le développement durable et l’éradication de la pauvreté, à Rio. Quarante ans après la Conférence internationale de Stockholm et dix ans après le Sommet mondial à Johannesburg, ces rencontres ponctuent l’histoire immédiate de rappels sur la nécessité de corriger les erreurs liées à notre manière de vivre le monde, en accordant peu d’intérêt aux ressources naturelles ou aux limites des systèmes financiers qui gouvernent le monde, dans une opacité inébranlable.
La limite de ces réunions est qu’elles sont davantage tournées vers les promesses que vers les bilans des actions passées. Ainsi, les fameux engagements d’éradication de la pauvreté ou de la faim, de l’accès à l’eau potable ou de la lutte contre la désertification ou contre le paludisme, qui, pris un à un, demandent des budgets raisonnables, sont bien loin des engagements pris pendant ces dernières décennies… en grande pompe. Pour que Rio ne soit pas simplement une récupération sous le vocable d’économie verte de pratiques ayant montré leurs limites, il est utile de reprendre les problèmes à la base, au lieu de se contenter de les diluer dans des annonces sans lendemain. La logique des marchés financiers se suffit à elle-même, mais elle ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la logique tout court. Le lien entre la finance et le monde réel doit être rétabli pour ne pas que ce soient les agences de notation ou les bourses qui imposent à des pays entiers des mesures basées sur la génération de profit immédiat, au détriment des politiques industrielles et d’emploi, seules capables de générer une croissance réelle, partagée et durable. La construction d’un espace sans frontières et sans distances, qui permette à des milliards de traverser la planète, sans contrainte, doit être accompagnée d’une réflexion sur la place de l’homme dans son environnement immédiat. Parce que avant tout et après tout, c’est de notre espèce qu’il s’agit et de notre survie.

