Ruben Albès Yañes : « J’obéis à ma passion »
Entraîneur adjoint au Wydad de Casablanca depuis janvier dernier, Ruben Albès Yañes compte d’autres distinctions à son actif. Ayant fait ses débuts dans le domaine à un âge précoce, le plus jeune entraîneur de l’histoire du football espagnol nous éclaire sur les raisons de ses choix de carrière et de son arrivée au Wydad.

La vision de Ruben Albès Yañes, entraîneur-adjoint au Wydad de Casablanca, repose sur l’aspect offensif.
Vous vous êtes spécialisé en coaching après une courte carrière de footballeur. Pourquoi avoir fait ce choix?
J’ai tout simplement écouté mon cœur et suivi ma passion. Le football est ma raison de vivre et je crois qu’on ne peut jamais exceller dans sa vie sans être attaché à sa passion. En jouant avec mon équipe, je me trouvais souvent attiré par le volet stratégique et plus le temps passait, plus l’idée de rejoindre les bancs pour diriger les joueurs murissait. A 21 ans, j’ai pris conscience que je devais effectuer un changement dans ma vie pour me satisfaire, car j’ai compris que jouer au foot ne me correspondait pas.
Quelles étapes avez-vous accomplies pour arriver à ce stade ?
Je suis passé par le niveau basique puis régional avant d’atteindre le statut d’entraîneur national, qui me permet d’exercer en LIGA. Mais tout cela ne suffit pas pour être un bon entraîneur car, comme dans chaque métier, il faut chercher à s’améliorer intrinsèquement pour se distinguer parmi ses collègues après ces formations, soit disant basiques.
Vous avez remporté le Championnat national avec les cadets de Valence, l’Université de Valence puis une ascension en division d’honneur avec le Rapido de Bouzas. Quel a été l’impact de ces résultats sur votre carrière en tant qu’entraîneur en herbe ?
Je dirais que ces résultats avaient un impact sur ma personnalité plutôt que sur ma carrière d’entraineur en herbe. Trois succès où je me suis senti entièrement satisfait et capable de réaliser de bonnes choses. Je me suis dis que je devrais continuer sur ce chemin et essayer de nouvelles expériences.
Après ces succès, vous prenez les commandes de Burjasot. Un grand pas, à 24 ans, qui fait de vous le plus jeune entraineur certifié dans l’histoire du football espagnol…
Tout à fait. Mais il faut savoir que cela ne m’a même pas traversé l’esprit quand j’ai signé mon contrat. C’était une expérience intense dans le sens où je venais juste d’avoir ma licence de la Fédération Royale Espagnole de Football, et que j’étais à deux doigts de la montée en deuxième division espagnole dans ma première expérience en tant qu’entraineur national.
Au lieu de poursuivre votre carrière d’entraineur, vous décidez de venir au Maroc pour épauler Benito Floro avec le Wydad. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à faire ce choix ?
Je me considère toujours comme entraîneur aux côtés de Benito Floro. Il a la particularité de donner à chacun de son staff des taches précises, qui font de nous des responsables mais en même temps ses collaborateurs et conseillers. En ce qui concerne les motivations de ce choix, la première est sans doute de travailler avec Benito Floro et de me former encore plus dans ce domaine. A coté de ce monsieur, on apprend d’une manière exponentielle. Autre élément à signaler, c’est cette expérience à l’étranger avec l’un des plus grands clubs au Maroc et en Afrique.
Comment trouvez-vous le niveau des joueurs et le championnat du Maroc ?
Les joueurs du Wydad et du championnat national en général m’ont réellement surpris. Ce sont des joueurs techniquement doués. Je crois qu’ils peuvent facilement jouer en Europe s’ils améliorent leurs aspects organisationnels, physiques et surtout leurs capacités à s’adapter avec un nouvel environnement.
Vous avez une conception du football propre, avec une préférence pour le football portugais. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Chaque entraîneur a sa propre conception du football, qu’il tente d’appliquer dans ses schémas, en prenant en considération les capacités individuelles de ses joueurs. Ma conception repose sur l’aspect offensif que je privilégie le plus dans ma vision, à laquelle adhère l’esprit d’initiative pour ne jamais subir la force de l’adversaire. C’est une conception contextualisée, certes, mais que je préfère en premier lieu et que j’adopte avec beaucoup de précaution car, souvent, on est soumis à d’autres choix. Concernant l’école portugaise, c’est une école qui a beaucoup évolué ces derniers temps avec un très bon niveau, surtout dans son aspect méthodologique. Le football a une prédominance tactique, et je trouve que l’école portugaise possède un atout dans ce sens..◆

