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Sahel

Depuis ce week-end, une réunion des membres de la CEN-SAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) se tient à Rabat. Créée en 1998 avec pour objectif d’établir une union économique entre les 29 pays membres, elle a vivoté jusqu’à présent dans l’ombre de Kaddafi. La disparition du tyran de Tripoli a posé la question de la survie [...]

Depuis ce week-end, une réunion des membres de la CEN-SAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) se tient à Rabat. Créée en 1998 avec pour objectif d’établir une union économique entre les 29 pays membres, elle a vivoté jusqu’à présent dans l’ombre de Kaddafi. La disparition du tyran de Tripoli a posé la question de la survie de l’organisation dont les locaux sont en Libye. La décision du Maroc, exprimée lors du 18e sommet de l’Union Africaine le 25 janvier dernier à Addis-Abeba, d’accueillir la réunion de la CEN-SAD est donc l’opportunité d’un second souffle à une organisation vitale pour la stabilité régionale. Inscrivant dans ses statuts la libre circulation des personnes, la liberté de séjour et la liberté de circulation des biens, elle représente, du moins en théorie, la base d’un véritable espace humain, qui devrait servir de rempart aux conflits larvés. Hélas, dans les faits, les récents événements contre les Subsahariens au Maroc montrent que nous sommes loin de cette vision idyllique et le seul chapitre qui fédère est, comme toujours, celui de la sécurité.  Ceci est malheureusement conforté par la réalité sur le terrain. Le Sahel est devenu une sorte de zone de non-droit, convoitée pour ses richesses naturelles et devient le théâtre d’affrontements militaires alimentant les divisions. Or cette insécurité n’est pas innée, elle est la conséquence de politiques indigentes.  En tête du palmarès des causes qui ont amené le Sahel à cette situation, la corruption, véritable fléau qui bouche l’horizon de toute la région, l’absence d’éducation et de perspectives pour les jeunes sont les principaux facteurs qui façonnent une région traversant toute l’Afrique et dont l’instabilité pourrait contaminer tous les pays limitrophes. Pour en faire un espace «politiquement sûr, sécuritairement stable, écologiquement viable et économiquement intégré et attractif» comme exprimé par Nasser Bourita, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, la déclaration à l’issue de la réunion d’aujourd’hui doit impérativement être accompagnée d’un calendrier, d’un budget et d’une communication régulière.

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