Plusieurs clubs continuent de faire fi de leurs obligations en matière de salaires des joueurs. La fédération est montée au créneau pour obliger les clubs à respecter le cahier des charges.
Depuis le début de la saison, la commission des litiges au sein de la FRMF n’a pas chômé. Les dossiers s’entassent sur les bureaux des responsables, en attendant le règlement à l’amiable entre les clubs et les joueurs qui n’ont pas reçu leur salaire. En effet, le cahier des charges exigé par la fédération pour participer au premier championnat professionnel, comporte un volet important concernant les droits et les obligations des joueurs. Or, depuis le coup d’envoi de la Botola, les litiges se sont multipliés entre les deux parties. Plusieurs clubs ont été épinglés et les responsables ont été priés de régler les salaires des joueurs ; mais il semble que les difficultés financières de ces clubs se sont aggravées.
Du coup, de nombreux joueurs ont refusé de s’entraîner ou de joueur carrément, cas de l’Olympique de Safi, du KAC, du CODM, du Difaa d’El Jadida, du MAS, de la JSM, du WAF. Même les garnds clubs comme le WAC ou le Raja ont des difficultés à joindre les deux bouts. Professionnalisme avez-vous dit ? Aujourd’hui, le constat est amer. On exige des joueurs qu’ils respectent leurs obligations ; mais souvent on oublie leurs droits. Le moins que l’on puisse dire est que cette situation est aberrante. D’où la réaction de la fédération de Ali Fassi Fihri qui a menacé de ne pas octroyer de subventions aux clubs qui ne respectent pas les droits des joueurs. Ces subventions concernent les droits de retransmission et de sponsors.
Manque de moyens
On sait que de nombreux clubs reçoivent ces subventions par tranches et en font une source de financement pour les frais généraux, les salaires et les primes du staff technique et des joueurs. Les robinets risquent donc de se fermer, tant que la situation des clubs n’est pas assainie. L’an dernier, un litige d’une extrême gravité entre les joueurs du MAT et les dirigeants a mal tourné ; une grande partie de l’effectif n’ayant pas reçu leurs salaires. Il a fallu l’intervention de l’Association des joueurs professionnels présidée par Mustapha El Haddaoui, ancien international et ancien professionnel en France, pour débloquer la situation. Les joueurs ont pu quitter le club pour d’autres horizons plus sereins. Les réactions de certains joueurs sont compréhensibles quand ils refusent de s’entraîner ou de jouer.
Il faut savoir que la plupart d’entre eux ont une famille à charge, et qu’ils n’ont d’autres ressources que leur salaire et leurs primes. Or, certains dirigeants n’en ont cure et continuent à se cacher derrière le manque de moyens. Quand un président de club est incapable de se procurer des rentrées, on se demande bien quel est son rôle ? Le football professionnel n’ a pas besoin de dirigeants qui se servent du sport, et cette décision de la fédération est venue à point nommé pour réveiller les consciences. Le président du KAC a été poussé à la démission, car il a été incapable de gérer dans la transparence son club. La mise à jour était nécessaire. On attend les retombées d’une telle décision de la fédération et sa commission des litiges. ◆ a.b.





