Le sommet de son art, Nedali l’atteint avec « La Maison de Cicine» qui vient de paraître aux éditions Le Fennec. Il n’abandonne pas sa science des piques, dénonçant les hypocrites et les spoliateurs. Il réserve discrètement ses preuves de tendresse à quelques personnages. Les ravages d’une inondation, tant de vies arrachées, tant d’habitations et de [...]
Le sommet de son art, Nedali l’atteint avec « La Maison de Cicine» qui vient de paraître aux éditions Le Fennec. Il n’abandonne pas sa science des piques, dénonçant les hypocrites et les spoliateurs. Il réserve discrètement ses preuves de tendresse à quelques personnages. Les ravages d’une inondation, tant de vies arrachées, tant d’habitations et de biens dévastés, tout cela survient et désole. Nedali trouve les mots pour exprimer le désastre.
Il nous attache à chacun des habitants de Dar Louriki. Nous mesurons la détresse du petit H’cine aux yeux d’un vert transparent. L’enfant perd inexorablement tous les siens et, bientôt jusque dadda Idar, son frère Idar. Ce sculpteur sur bois va mourir dans les flammes de son atelier de fortune. Nous savons comment il parvenait à tailler dans le bois un héron se rengorgeant.
On n’oubliera pas, non plus, Leila L’bidaouia, ni la joie de Tamri lorsqu’il parvint à transformer son réduit de cordonnier en magasin de quincaillerie.
Surtout, on n’oubliera pas Tiouli, petit hameau dans la vallée de l’Ourika. «La Maison de Cicine» nous plonge ensuite dans la médina de Marrakech, avec les tourments des uns et les joies des autres, ce qui menace les gens, comment ils se menacent, et comment ils s’aiment ou se dédaignent.
Un écrivain digne d’un Emile Zola, tel est Mohamed Nedali. Son ancrage si profond à Tahennaoute, c’est la grande chance du roman marocain de langue française. Une chance magnifiquement confirmée avec cette «Maison de Cicine».
Mohammed Nedali nous avait habitués à choisir de rire pour ne pas pleurer. De l’humour, des rêveries et des raisons de se révolter, on en trouvait déjà par brassées dans «Le Bonheur des moineaux», qui était le troisième roman de ce professeur de l’enseignement secondaire dans un village à trente kilomètres de Marrakech où l’on contemple un panorama sublime. «Morceaux de choix» (2003) nous fit connaître son talent décapant et son humour. Nedali est le romancier marocain de langue française qui connaît le mieux son pays. Ce qu’il en montre, et la façon dont il le montre, c’est digne des plus fortes pages d’un Mohammed Zafzaf.
Avec «Le Bonheur des moineaux» (2008) , Mohammed Nedali faisait encore mieux que dans «Morceaux de choix». Après son euphorisant portrait d’un jeune apprenti-boucher, premier de ses romans et qui va devenir un film, Nedali donna, dans «Grâce à Jean de la Fontaine !» (2004), le récit picaresque de la formation d’un étudiant pauvre destiné à devenir professeur.
Tous ses romans offrent une vue plongeante sur la comédie et les tragédies sociales. Racontant sans travestir son expérience, ses craintes, ses vœux, Nedali amuse, enseigne et met en garde. Son audace se nourrit de la précision de ce qu’il remarque. Il sait griffer quand il le faut.
Dans «Le bonheur des moineaux», il contait une fable parfaitement réaliste mais qui semblait se dérouler comme en rêve. Le cauchemar d’un guide pour touristes nous était conté. Cet homme avait eu le malheur, dans sa jeunesse, de faire découvrir les montagnes de l’Atlas à la future Mme Clinton encore demoiselle Rodham. L’histoire est véridique, comme aussi les retrouvailles d’Hillary et du guide l’ayant promenée jadis, elle et ses camarades. De fait, il se verra accusé par la police d’avoir expliqué à l’illustre visiteuse : People age quickly in Morocco.
C’est toute la société marocaine que Nedali dissèque. Son parler vrai fait merveille parce qu’il aime les gens, parce qu’il ne les efface pas du tableau où la nature resplendit et qu’il montre les vertus des uns et les vices des autres en laissant chacun juge de soi-même. Il a prévenu d’emblée, citant Ouhemou, paysan du Haut-Atlas : «Pendant des décennies, nous avons envié les oiseaux du ciel».
Tout était dit, et tout restait à raconter. Mohammed Nedali l’a fait, et on est comme stupéfait, à la lecture du «Bonheur des oiseaux» qu’un romancier marocain de langue française se montre si rigoureusement digne d’un paysan du Haut-Atlas. Les quatre romans de Mohamed Nedali, si vous vous priviez de les lire, ce serait parce que vous auriez pour coutume de vous défier du talent, de la sincérité et de l’intelligence.






Mr nedali,franchement je suis fièr d’etre un de vous élèves.-ned ali -est homme populair-meme si ila une voiture il viet au lycée à pieds au sur une »3slia »