Le Comité de soutien à la scolarisation des filles rurales a présenté les résultats de son programme «Plaidoyer local pour la pleine scolarisation des filles rurales». Il vise l’implication des communautés locales pour la scolarisation des filles dans quatre localités ciblées par le projet. Selon le CSSF, le programme a réussi à susciter le débat [...]
- Le Comité de soutien à la scolarisation des filles rurales a présenté les résultats de son programme «Plaidoyer local pour la pleine scolarisation des filles rurales».
- Il vise l’implication des communautés locales pour la scolarisation des filles dans quatre localités ciblées par le projet.
- Selon le CSSF, le programme a réussi à susciter le débat sur cette problématique au sein des régions cibles.
A El Jadida, Commune Oulad Hamdane, sur un total de 2.085 élèves au primaire, seulement 965 sont des filles. Ce nombre tombe à 408 filles
Deux ans après son lancement, on peut dire que le programme a réussi à susciter le débat sur la scolarisation des filles dans le monde rural dans les quatre provinces ciblées. Parents d’élèves et acteurs institutionnels et associatifs ont été impliqués dans ce débat qui est un premier pas pour garantir aux filles rurales leur droit à l’éducation», se réjouit Saâdia Bouftas, chargée du projet «Plaidoyer local pour la pleine scolarisation des filles rurales». Celui-ci a été initié en 2008 par le Comité de soutien à la scolarisation des filles rurales CSSF en partenariat avec l’USAID. Cette association à but non lucratif a présenté, vendredi dernier à Rabat, les résultats de ce programme financé par le Middle East Partnership Initiative MEPI et Motorola Maroc.
Le programme a été mis en œuvre dans quatre provinces à savoir Kénitra, El Jadida, Khénifra et Zagora. L’implication des communautés locales dans ces provinces a été assurée à travers quatre associations locales. Ces dernières ont commencé par collecter toutes les données relatives à la scolarisation des filles rurales au niveau local. Un travail qui, selon Saâdia Bouftas, n’as pas été facile à mener. «Les associations partenaires ont rencontré plusieurs problèmes qu’ils ont réussi tout de même à surmonter. Parmi ces obstacles figurent la rétention de l’information sur la scolarisation des filles par certains responsables au niveau de différentes institutions concernées», raconte ce membre du CSSF.
Le CSSF va continuer son travail d’appui et d’encadrement des associations partenaires pour mieux mener leur plaidoyer pour la scolarisation des filles rurales.
A El Jadida, c’est l’Association Nahda pour le Développement de la Femme qui s’est chargée de la réalisation d’un compte rendu sur la situation de scolarisation des filles rurales dans la province, plus particulièrement à la commune Oulad Hamdane. «Dans cette localité située à 28 km d’El Jadida, nombreuses sont les filles qui sont privées de leur droit à l’éducation. On a trouvé que sur les 2.085 élèves au primaire, seulement 965 sont des filles. Ce nombre tombe 408 filles au collège et 212 au lycée», indique Latifa Khalis, présidente de l’Association Nahda pour le développement de la femme. Et de poursuivre «Le principal obstacle devant la scolarisation des filles de cette localité est l’éloignement des établissements de leurs maisons. La région ne dispose que d’un seul collège et les filles doivent parcourir entre 6 et 12 km pour y arriver. Chose qui explique le taux élevé de déperdition scolaire durant le passage du primaire au secondaire». La présidente de l’Association Nahda a ajouté que l’impraticabilité des chemins menant au collège rend la mise en place d’un transport scolaire une mission qui relève de l’impossible. «On s’est réuni avec plusieurs responsables représentant des communes rurales et de la délégation du ministère de l’Education pour tirer la sonnette d’alarme quand à cette situation. On a également rencontré des parents dans le souk, au Centre d’accueil des filles rurales d’Oulad Hamdane pour les sensibiliser à l’importance de la scolarisation de leurs filles», raconte la présidente qui a affirmé que le travail de l’association a commencé à donner ses premiers fruits. «Les responsables au niveau des communes nous ont promu de prendre en considération la problématique de la scolarisation des filles durant l’élaboration du plan communautaire de la région, qui sera réalisé par l’Agence de développement social». La lutte de l’Association Nahda pour les filles d’Oulad Hamadane ne s’arrêtera pas à ce stade. «On va continuer notre travail d’encadrement et d’accompagnement des associations partenaires. La prochaine phase connaîtra l’organisation de formations sur les techniques de plaidoyer», indique Saâdia Bouftas avant de préciser que «les quatre associations ont fait un travail de recherche sur les chantiers qui seront lancés dans le domaine de l’éducation par l’INDH, les communes et le plan d’urgence. Cela leur permettra de faire le suivi des projets qui seront initiés dans leurs régions respectives». Il est à noter que le programme a été couronné par la mise en place d’un système d’information liant le CSSF aux associations partenaires du programme. Selon Majda Zakar, chargée de la plateforme au niveau du CSSF, il s’agit d’un outil collaboratif visant à remonter l’information du terrain portant sur l’avancement du travail des associations au niveau local. La plateforme est hébergée au portail de CSSF, www.comitessf.org, qui vient d’être lancé. «Le site sera alimenté au fur et à mesure par les rapports des associations partenaires sur la situation de scolarisation des filles dans les régions cibles. Il comportera également les nouveautés des activités du comité», indique Majda Zakar.
CSSF
Nouveaux outils d’action
En outre des résultats du programme «Plaidoyer local pour la pleine scolarisation des filles rurales», le CSSF a présenté également, vendredi dernier, sa nouvelle stratégie de travail. Cette association qui lutte depuis 1998 pour la scolarisation des filles rurales ambitionne de donner à son action un nouvel élan basé sur une approche participative. Elle compte ainsi l’expérimentation de nouveaux dispositifs au niveau des communes à travers notamment l’organisation d’ateliers de sensibilisation des élus et services communaux autour de la scolarisation des filles rurales. Le CSSF compte intervenir également auprès des enseignants. Il prévoit le renforcement des capacités des enseignants et du personnel pédagogique et la contribution à l’amélioration de leurs conditions de travail. Le CSSF continuera aussi son appui aux associations partenaires à travers l’encadrement et la formation en plaidoyer et en gestion financière et administrative des projets.
Notons que 2.300 filles rurales bénéficient actuellement des prestations des centres d’accueil mis en place par le CSSF dans différentes régions. L’association travaille en collaboration avec 23 associations dans 36 localités réparties sur 15 provinces.




