De la casse et du suspense
Au soir de la troisième journée de course, presque à mi-rallye, les positions ne cessent d’évoluer après les pannes et les sorties de route de nombreux concurrents.

La lutte a été acharnée entre certains concurrents tout au long de l’épreuve. Ci-dessus, près du lac de Bine El Ouidane où les équipages en ont profité pour réparer, comme Porsche (ci -dessous).
Au troisième jour de course, la fatigue commence à se faire sentir, aussi bien pour les pilotes que pour les machines. Sur les rives du lac de Bine El Ouidane, la satisfaction se lisait tout de même sur des visages pourtant marqués par l’effort et la fatigue. Il est vrai que l’étape fut un plaisir de pilotage dans des décors fantastiques. La veille au soir, l’arrivée sur Ouarzazate avait livré son lot de bouleversements. Après ses problèmes de moteur, De Mevius laissait le commandement de la course à Eric Chantriaux très à l’aise sur sa Ford Escort RS 1600. Suivaient Descamps, Kelders et Clément qui se tenaient dans un mouchoir de poche.
Chantriaux toujours leader
Le lendemain, mercredi, c’est un terrain encore différent qui attendait les équipages, sur les contreforts du Haut-Atlas. Des épreuves rapides sur une terre dure, des pistes larges laissant, là aussi, le pilotage s’exprimer. Deux concurrents allaient alors jouer au chat et à la souris : Chantriaux et le Franco-Marocain Emile Decamps. Ce n’est qu’à la deuxième épreuve du jour à Aït Tamlil que Chantriaux prend ses distances. En route vers la spéciale de Demnate, la mécanique va venir freiner Descamps dans son élan. Un problème de piston grippé va contraindre l’Opel Manta 400 à perdre quelques places au classement. Mais pour d’autres, les problèmes sont plus graves. Dans l’ES5 à Thirdest, Philippe Wambergue va jeter l’éponge avec sa DS. Jen-Jacques Julien va connaître des problèmes de surchauffe qui vont faire céder son moteur. Gache continue à se battre avec sa pompe à eau défectueuse et un bloc fendu. Plus grave pour les deux 504 V6 de Lethier et Poulain dont les compartiments moteurs prendront feu. Enfin, le moteur de Guignard sera out et contraindra ce dernier à l’abandon. Jacques Cochin sera victime d’une sortie de route avec sa Mercedes et mettra beaucoup de temps à la sortir du trou. Mais pour Kelders, une erreur de pilotage l’obligera à abandonner, train avant endommagé. Hier, les concurrents s’attaquaient à l’ascension du col de Naour à près de 2500 m.
3 QUESTIONS À …
Yves Loubet, président du rallye historique.
Comment se présente cette troisième édition ?
On va essayer de rester humble, ça fait quatre mois qu’on travaille d’arrache-pied pour préparer le parcours de ce rallye. Il nous est arrivé quelques problèmes et on a dû changer certains tracés, certaines villes étapes. Je suis très content mais j’attends l’arrivée pour l’être encore plus, c’est le 3e rallye et c’est quelque part une naissance.
Pourquoi le choix d’Agadir comme ville de départ ?
Agadir c’est une première et c’est grâce à Khalid Kabbage. L’an dernier pour sa première participation, il a été touché par ce lien que pouvaient avoir les populations rurales avec cette épreuve. Ce qui est important pour nous, c’est hormis la compétition, c’est ce lien, cette notion de partage et cette communion à travers une passion. ça a toujours été notre moteur, on a besoin du partage et on a besoin de régaler autant nos concurrents que les riverains chez qui on passe. On ne peut que leur dire merci de nous accepter. Agadir a en plus une vraie histoire de l’automobile avec un passé glorieux.Et l’an prochain ?
Je suis déjà sur le parcours de l’année prochaine. Je vois déjà les défauts de celui-là, je vois les petits détails que j’aurais pu améliorer même s’il est très abouti et très beau,. L’an prochain, j’espère aussi faire venir les pilotes anglais. Ça a failli se faire cette année mais ça cognait avec un gros rendez-vous sur le calendrier. On n’a pas eu de chance mais pour 2013, on va décaler nos dates vers le 10 et 20 mai pour qu’ils puissent participer à l’Historique. En plus les couleurs sont belles à cette saison.et À …
Shaymaa Hrisse, coordinatrice du rallye au Maroc.
Quel est votre rôle sur le rallye ?
Je m’occupe de tout ce qui est administratif et des relations avec les provinces, les gouverneurs, les walis, les conseillers, ministères pour les autorisations qui permettront le bon déroulement du rallye. Aujourd’hui, on est très honoré d’avoir le ministre des Sports et de la jeunesse et le wali d’Agadir pour le départ de la course.Cela demande beaucoup de préparation ?
On a travaillé plus de quatre mois à préparer ce rallye. Dès qu’on finit, on pense à l’édition suivante. Mais tout cela est possible grâce à Yves Loubet et José Andréani, les deux organisateurs mais aussi aux clubs du Grand Maghreb et la Fédération royale marocaine des sports automobiles qui fournissent les commissaires de course.Le rallye a-t-il aussi un rôle social ?
Oui, grâce à l’association «Pas de frontière ni barrière pour les jeunes», on a une action envers les écoliers des villages que nous traversons. On les sensibilise au respect du code de la route, aux échanges, à l’esprit sportif. Beaucoup de pilotes ont été sensibles à notre action et nous amènent chaque année des fournitures scolaires, des vêtements neufs, des lunettes et même des médicaments que l’on distribue. Ce sont des instants de bonheur pour tout le monde. Tout cela a été possible grâce à l’association du pilote Jean-Hugues Hazard et au journal L’Est républicain qui se sont mobilisés pour cette action.













