Matériaux hautement stratégiques, spécialement en matière d’industrie de pointe et dont la Chine fournit pas moins de 95 % de l’offre mondiale - les « terres rares » alimentent continuellement les débats des spécialistes et se sont invitées dans les Conseils d’administration de la majorité des entreprises de technologie, fortement dépendantes de ces matériaux. Elles suscitent en outre de nombreuses [...]
Aujourd’hui, le caractère « rare » de ces métaux fait débat, car des études récentes mettent en exergue l’existence d’importantes réserves en particulier dans les profondeurs marines de l’Asie-Pacifique.
Matériaux hautement stratégiques, spécialement en matière d’industrie de pointe et dont la Chine fournit pas moins de 95 % de l’offre mondiale - les « terres rares » alimentent continuellement les débats des spécialistes et se sont invitées dans les Conseils d’administration de la majorité des entreprises de technologie, fortement dépendantes de ces matériaux. Elles suscitent en outre de nombreuses inquiétudes du fait de l’attitude de Pékin qui n’a de cesse de jouer de son leadership sur ce segment pour diriger les industriels, et ce, à l’échelle mondiale.
Ainsi, la question de l’approvisionnement revient-elle une énième fois au-devant de la scène. En effet, la Chine a récemment annoncé de nouveaux projets sur le plan productif, le pays prévoyant notamment la fermeture de plusieurs sites de production. Des annonces qui ravivent les frilosités du côté des industriels, inquiets des répercussions inévitables sur l’approvisionnement mondial, et l’évolution conséquente des cours.
Aux restrictions du côté de l’offre ferait suite une augmentation des prix qui, si elle venait à s’appliquer, se répercuterait nécessairement sur des habitudes de consommation déjà bien perturbées par la crise qui continue d’affecter la croissance mondiale. Si les grands industriels internationaux (énergie, électronique, etc.) ont une faible marge de manœuvre face aux mouvements stratégiques opérés par le producteur chinois, ils tentent néanmoins de faire entendre leurs revendications, enchaînant les critiques à l’égard de Pékin. Des critiques sans grand impact cependant si l’on tient en compte le degré de dépendance de ces gros consommateurs de ressources minières chinoises.
Confrontée à un torrent de critiques et de vagues de remises en question, l’hégémonie chinoise sur les terres rares semble menacée.
Aujourd’hui, le caractère « rare » de ces métaux fait débat, car des études récentes mettent en exergue l’existence d’importantes réserves en particulier dans les profondeurs marines de l’Asie-Pacifique. Or, à l’heure où les questions de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) et de développement durable en général sont devenues des sujets majeurs, peut-on faire fi de l’impact écologique lié à l’extraction des terres rares, sachant qu’il est conséquent ? Ainsi, la récente condamnation prononcée par l’OMC à l’égard de Pékin (en réponse aux limitations à l’exportation qui ont été érigées), tend à apporter certains éléments de réponse quant aux positions internationales sur la question écologique et illustre une prise de conscience globale qui s’impose à tous.
Confrontée à un torrent de critiques, et de vagues de remises en question, l’hégémonie chinoise sur les terres rares semble menacée. Cependant, en fins tacticiens, il est plus que probable que les maîtres de Pékin utilisent la carte des terres rares comme levier de négociation pour réaliser d’autres arbitrages stratégiques, notamment en matière environnementale, où la Chine fait figure de mauvais élève. Les négociations qui devraient s’enchaîner d’ici la fin de l’année permettront sans doute d’y voir plus clair quant aux futures orientations du géant chinois qui souhaite utiliser sa position dominante pour brûler la politesse au rival de toujours : les Etats-Unis.◆





