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Tu ne te sucreras point en 2011

Une caisse de compensation plus intelligente et deux mesures pour couper la route aux spéculateurs. Aucun chiffre sur l’impact de l’un sur l’autre n’a été révélé par les autorités. En à peine un mois le Maroc a déboursé plus de 510 millions de DH en importations de sucre. C’est 125% de plus qu’en janvier dernier. [...]

Une caisse de compensation plus intelligente et deux mesures pour couper la route aux spéculateurs. Aucun chiffre sur l’impact de l’un sur l’autre n’a été révélé par les autorités.

En à peine un mois le Maroc a déboursé plus de 510 millions de DH en importations de sucre. C’est 125% de plus qu’en janvier dernier. La raison ? L’envolée des prix du sucre sur les marchés internationaux. 

Une première mesure visant à renflouer les tiroirs de la caisse de compensation a porté son budget à 32 milliards de DH. Avant-hier, une autre mesure en rapport avec la stabilisation des prix des produits alimentaires a été lancée par le ministre marocain du commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz. Elle stipule que les exportations de sucre seront désormais soumises au visa des services douaniers marocains. En parallèle, une deuxième mesure astreint ces mêmes exportateurs à restituer la subvention accordée pour soutenir la stabilité du prix du sucre sur le marché local à l’envoyeur, c’est à dire au profit de la caisse de compensation. Tout ce que l’on sait est que la subvention s’élève à 5 DH par kilogramme. Son impact chiffré sur la caisse de compensation reste un mystère. 

Inversement de tendance en vue

Dans un communiqué officiel diffusé à cet effet, le gouvernement explique ces deux décisions par sa volonté de réglementer de manière efficiente l’opération d’exportation du sucre, après avoir constaté que des quantités importantes de sucre raffiné sont exportés à l’étranger. Dans une déclaration à la télé marocaine, Abdellatif Maâzouz précise que cette stabilisation du prix est une action entreprise en faveur du consommateur marocain. « Il est anormal que cette subvention profite à des consommateurs autres que marocains» a-t-il déclaré. Seulement voilà; les marocains résidant à l’étranger, très friands en produits du Bled, s’approvisionnent le plus souvent chez les nombreuses supérettes tenues par leurs confrères, aux étalages desquels on retrouve plusieurs marques marocaines de sucre destinées aux MRE. 

La détermination du gouvernement à donner de l’effet à ces deux mesures augure une disparition du sucre marocain de ces supérettes. Certes, la caisse de compensation marocaine pointe mieux le curseur, à l’exemple du Brésil, un succès salué par de nombreux économistes. La généralisation de cette approche aux multinationales voraces en sucre est à ce titre vivement souhaitée.  D’un autre côté, «l’envolée des prix du sucre au niveau mondial n’augure pas d’une tendance haussière qui se prolongerait jusqu’en 2012», affirment plusieurs analystes boursiers. 

A l’opposé de ce qui anime les manchettes de journaux concernant la hausse du sucre, cette thèse est soutenue par trois arguments. La première justification réside dans le grand écart entre les contrats à court terme et ceux à long terme. Les contrats à court terme de mai 2011 se négocient à 28,93 cents la livre (env.450 grammes), ceux de mai 2012 à 22,95 cents et ceux de mai 2013 à 19,50 cents. 

Le deuxième argument concerne les prix des contrats à terme de mai et octobre 2011, en stagnation. Troisième point en faveur de cette hypothèse : la hausse actuelle des prix du sucre s’effectue sur des volumes faibles pour la période allant d’octobre 2011 à mars 2012. Ces trois constations s’allient à un décalage entre l’importante hausse des prix du sucre et celle des titres boursiers des majors mondiaux de la production et de l’exportation. 

Si déséquilibre il y a, entre l’offre et la demande au niveau mondial, il peut-être jugulé par les stocks mondiaux, de l’ordre de 30% à ce jour. Pourquoi n’est-ce pas arrivé plus tôt ? ◆

1 commentaire Pour “Tu ne te sucreras point en 2011”

  1. Les arguments avancés dans cet article ne tiennent pas la route.
    Quand j’achète des produits de Carrefour dans un supermarché à Casa, je le paie plus cher que quand je les achète à Carrefour à Paris.
    De plus, les supérettes en France sont fréquentées par plus d’étrangers (au sens large) que de marocains.
    Par ailleurs, le gouvernement devrait élargir cette mesure de restitution de la subvention aux autres produits achetés en grandes quantités ici et consommés à l’étranger par des étrangers: c’est le cas du carburant et du blé au moins.

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