Un Forum turco-arabe des médias se tient du 30 novembre au 3 décembre à Istanbul, autour du thème de la reconstruction d’un espace turco-arabe, à la lumière du Printemps arabe. Les différents intervenants ont mis l’accent sur la complémentarité entre les différents acteurs et la nécessité de la mettre en pratique.
Le Forum turco-arabe des médias, organisé par la Direction générale du Premier ministre de la Presse et de l’Information (BYEGM) sur l’initiative du vice-Premier ministre Bülent Arinc, a débuté à Istanbul avec plus de 200 représentants de la presse, tous supports confondus, de 22 pays arabes. Les discussions de la première journée ont porté sur les nouvelles opportunités qu’offrent les changements géopolitiques actuels. Murat Karakaya, le directeur de BYEGM, a exprimé son souhait de voir ce forum accueilli par différents pays, tous les deux ans.
Akif Beki, ancien conseiller du Premier ministre Erdogan, a insisté sur la nécessité de communiquer directement sans passer par des médias occidentaux. La Diplomatie turque, consciente du rôle de la presse dans la zone où son influence grandit, essaie de promouvoir un dialogue qui, paradoxalement, devrait commencer par des discussions inter-arabes
Aujourd’hui, la Turquie, en faisant la promotion d’un langage média et d’une plate-forme commune à tous les acteurs turcs et arabes, souhaite consolider sa place, dans la renaissance de ses relations avec ses voisins, dont elle partage le même héritage culturel et historique, et faire profiter de son expérience.
Alors que l’égypte convalescente tente de recouvrer sa stabilité, la Turquie s’impose comme le nouveau leader régional. à ce titre, elle communique sur son soutien aux peuples opprimés et à ses alliés. Dans cette configuration, ceux qui détiennent l’information détiennent le pouvoir, d’où les efforts en direction d’un secteur qui n’est pas toujours protégé. La situation en Syrie a été longuement évoquée, avec les dernières sanctions imposées au régime de Bachar el-Assad, tout en insistant sur la différence avec les massacres perpétrés par ce même régime en 1982, dans l’indifférence totale du monde, et les exactions actuelles relayées en temps quasi réel par tous les moyens possibles.
Dans cette ligne, Ahmad Al Sheikh, l’ancien patron d’Al Jazeera a souligné que sans l’existence de la chaîne qatarie, le Printemps arabe n’aurait pas été possible ou aurait pris plus de temps.
En conclusion, l’espace offert par la Turquie aux différents médias est une agora intéressante pour croiser des points de vue, théoriquement proches mais évoluant dans des silos étanches, les uns par rapport aux autres.◆





