Un nul bon à prendre
On ne pouvait espérer mieux en jouant ce match dans des conditions pareilles. Pourtant, le manque de chance et d’efficacité a été fatal puisqu’il a privé les joueurs de revenir avec les trois points. Avec ce nul, les Lions de l’Atlas renforcent leur position de leader du groupe tout en maintenant leurs chances de favoris pour la prochaine coupe d’Afrique des Nations.

Les Lions de l’Atlas n’ont d’autre choix que la victoire face à la Tanzanie s’ils veulent éviter les petits calculs à la fin des qualifications. Photo FRMF
Des regrets, il y en a. On était tout juste prêt d’assurer la victoire et clore toutes les spéculations qui nous poursuivront jusqu’au 9 octobre, date du match comptant pour la sixième et dernière journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations. Avec un peu de recul, on peut constater qu’on est passé à côté de la qualification à Bangui, ce qui reportera cette joie jusqu’au mois prochain. Les Centrafricains avaient du mal à gérer l’évènement et semblaient dépassés par l’enjeu et la pression qui ont régné avant et pendant le match. Néanmoins, notre seul remède est de dire que nos joueurs ont fait face à des conditions climatiques délicates et ont pu empocher un nul en jouant cette rencontre sur une pelouse dur praticable pour ne pas dire «un champ de patates».
Pour revenir à la rencontre, les Lions de l’Atlas ont parfaitement dominé le jeu durant les trente premières minutes. Des passes courtes sur un sol désagréable et de jolies combinaisons vont mener le trio Boussoufa, Hadji et El Arabi à négocier plusieurs tentatives. La balle a rarement atterri dans leur zone de jeu puisque nos guerriers de dimanche se sont acharnés dès le début du match sur les cages adverses, avec au moins une dizaine d’occasions, dont les tentatives des deux Youssef qui ont heurté la barre transversale. Les joueurs sont tombés dans la facilité vu qu’ils accédaient sans peine à la zone adverse.
De facto, Youssef El Arabi pouvait être le héros du match mais sa défaillance au geste final l’a privé de suivre les pas d’Oussama Assaidi, véritable satisfaction et révélation du mémorable 4 juin. Les trente minutes passées, on enregistrera un recul des coéquipiers d’Houssine Kharja face à une légère domination des fauves, poussés par les trente mille spectateurs tous acquis à leur cause. Même scénario en deuxième période, sauf que cette fois-ci les Lions prendront l’initiative après une baisse de régime très nette à l’entame du jeu. Nos adversaires du jour profiteront de cet engouement pour orchestrer quelques contres et menaceront les cages de Lamyaghri en pleine confiance après ses parades en première période. La pression monte d’un cran suite à ces attaques, et on a pu remarquer que les Lions, à bout de souffle, vont petit à petit perdre la bataille en milieu de terrain. Une chose due à leur passivité et aux balles perdues par El Capitano qui a été, en contrepartie, le véritable patron de cette équipe prometteuse. On notera d’ailleurs son geste d’ordonner aux joueurs de chanter l’hymne national à haute voix après une mascarade des dirigeants centrafricains.
La promesse de Gerets
L’efficacité n’a pas été au rendez-vous aux ultimes instants du match et voilà que les deux équipes se quittent dos à dos avec un avantage du Maroc, aisément leader du groupe et qui a désormais son destin entre les mains, comme l’a affirmé le sélectionneur national Eric Gerets après la fin du match : « Ramener un point de Bangui est mieux que rien puisque nos chances restent intactes et nous allons composter notre billet au Maroc face à la Tanzanie sur une meilleure pelouse et des conditions différentes».
L’autre confrontation du groupe qui a mis aux prises les Fennecs en pleine reconstruction avec les Taifas Stars s’est soldée par un nul qui fait nos affaires, puisqu’une victoire lors de la dernière journée de ces éliminatoires face à la Tanzanie nous épargnera des calculs qui détermineront l’équipe qualifiée. Un succès nous donnera le droit de disputer la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, et ce malgré la présence de maigres espoirs chez nos adversaires.
Les Centrafricains devront récidiver le scénario de Marrakech et battre l’Algérie devant son public par quatre buts à zéro. A l’opposée, ces derniers quasiment hors course doivent vaincre leurs homologues par neuf buts à zéro et attendre une défaite du Maroc. Un sacré concours de circonstances miraculeuses pour espérer une qualification.
Somme toute, c’est un nul bon à prendre de ce déplacement périlleux, malgré notre supériorité sur le plan technico-tactique. En outre, on ne peut qu’être satisfait puisqu’une glorieuse génération qui écrira les beaux jours du football national se profile à l’horizon.◆

