|

Urgence

Conscients des enjeux, les gouvernements successifs cherchent le fameux graal qui permettrait de résoudre l’épineux problème de l’Education au Maroc. Secteur qui pèse, lourdement, sur le budget de la nation, sa réussite, ou son échec, dessine la physionomie du pays à long terme. La dernière proposition, le plan « Urgence 2009-2012 », hérité du dernier gouvernement qui [...]

Conscients des enjeux, les gouvernements successifs cherchent le fameux graal qui permettrait de résoudre l’épineux problème de l’Education au Maroc. Secteur qui pèse, lourdement, sur le budget de la nation, sa réussite, ou son échec, dessine la physionomie du pays à long terme. La dernière proposition, le plan « Urgence 2009-2012 », hérité du dernier gouvernement qui l’avait lancé à grands renforts et sur la base d’annonces superlatives, souffre comme ses prédécesseurs de failles importantes, de manque de maîtrise des budgets qui s’envolent et de résultats qui se font désirer.  Pourtant, malgré les ingrédients, sommes allouées et efforts consentis, cela n’aura pas suffi à donner corps à ce projet. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Enseignement supérieur a sorti le joker éculé de la privatisation de la scolarité de deux filières symboliques, estimant de facto que le problème se résumerait à une question d’ordre financier. Et si la réponse était ailleurs ? Si c’était de vision qu’il était question plutôt que de moyens ? Les expériences passées ont toutes rivalisé par les montants engagés, s’engouffrant parfois, comme ce fut le cas du projet Genie, dans des réalisations n’ayant aucune chance d’aboutir sur le terrain, pour peu que l’on en ait une petite connaissance au lieu de faire preuve de modestie et de pragmatisme. Du coup, à l’exemple d’autres secteurs vitaux, la solution pourrait peut-être passer par une agence transversale, qui aurait en charge la refonte complète du système éducatif national en tenant compte des contraintes liées à la démographie, à la géographie et aux évolutions du marché du travail.  S’échiner à augmenter le nombre de bacheliers, sans se soucier du niveau qu’ils ont réellement acquis, ou du nombre de salles de classes, est une manière de brasser du vent sans s’attaquer au problème réel. Preuve en est, la sélection qui s’opère à l’entrée de la plupart des cycles de l’enseignement supérieur, où la moyenne des notes exigible est souvent stratosphérique, pour compenser l’inflation des notes concédées par un système où chacun tente de refiler la patate chaude à son voisin, le plus vite possible et à n’importe quel coût.

Laissez une réponse

En kiosque

 

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!