Hausse démesurée des prix, investissements retardés et sous-dimensionnés, transferts de fonds opaques… Veolia Environnement Maroc est sujet aux critiques les plus acerbes. Le dernier rapport paru sur son expérience scandaleuse dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër met le feu aux poudres.
Depuis le début des manifestations du mouvement du 20 février, de nombreux Marocains en colère ont brandi des banderoles portant le slogan « Dégage véolia ! ».
Scandaleux! C’est le terme pour qualifier les défaillances qui marquent le modèle de gestion déléguée de l’eau dans la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër par Veolia Environnement Maroc, relatées dans le rapport « Véolia ou l’écol’EAUpportunisme d’une multinationale française de l’eau ». Ce rapport de la Fondation Danielle Mitterrand, d’une cinquantaine de pages et couvrant la période 2002-2011, met en lumière un certain nombres de dysfonctionnements et de défaillances enregistrés au niveau de la filiale Redal2. Passation opaque du contrat, manque de transparence dans la gestion, investissements sous dimensionnées, contrôle défaillant, tarification chère, anomalies financières, gestion contestée des ressources humaines… Ce qui explique par ailleurs les raisons de la colère de nombreux manifestants ayant brandi, lors de manifestations du M20F, le slogan « Dégage véolia ! ».
De Redal 1 à Redal 2
Contacté par Le Soir échos, le service de communication de Veolia n’a pas donné suite à notre requête. Mais pour bien comprendre les tenants et les aboutissants d’un tel modèle de gestion des services urbains, il faut revenir aux conditions donnant acte de naissance à Redal 2, qui a racheté les parts de la défunte Redal 1 (groupement luso espagnol) pour la coquette somme de 1,3 milliard DH. « Après la découverte par les autorités marocaines de gros trafics portant sur des transferts illégaux de fonds mettant en cause l’entreprise luso – espagnole, cette dernière proposa, dès 1997, la concession de sa délégation », peut-on lire. L’histoire retiendra aussi que « l’entreprise Redal est « confiée », sans appel d’offres préalable, à Veolia Environnement Maroc » et sans concertation avec les autorités locales. Voilà un cas de non transparence au niveau de la passation de marchés publics, auquel le gouvernement Benkirane est invité à apporter son jugement. Car il s’agit là de l’utilisation de fonds publics pour des bénéfices privés.
Dysfonctionnements et défaillances
Entre 1998 et 2006, Redal 2 a travaillé sans cadre légal régissant son activité. Puisque ce n’est qu’en février 2006 que le dahir n° 1-06-15, portant la loi n° 54-05 relative à la gestion déléguée, a vu le jour. Au vide juridique viennent s’ajouter les défaillances du système de communication ne facilitant pas la disponibilité des données sur les activités globales de la firme française (résultat d’exploitation résultat net, bénéfice…). Plus encore, le délégataire déroge à la règle de mise en conformité avec les obligations comptables. Comme a pu le démontrer la cour des comptes dans son rapport 2009, constatant l’absence d’une comptabilité analytique et budgétaire, soulignant « la non – fiabilité des données relatives aux réalisations d’investissement rapportées à l’autorité délégante… ». Dans la foulée de ces lacunes, incitant Redal 2 à contrevenir la loi, une question se pose : celle du contrôle. Il importe de noter qu’un Comité de suivi de la gestion déléguée de l’eau existe, mais sans pouvoir décisionnel. Le manque de confiance caractérisant la relation (conflictuelle) entre le délégant et le délégué a fait que cet organe de contrôle, impuissant, se contente de décisions consensuelles.
Tarification onéreuse
Un autre symptôme de cette « logique libérale » est la tarification onéreuse. « Les usagers payent leur facture d’eau trop cher et ne savent pas combien ils payent réellement, les factures étant difficiles à déchiffrer », note-t-on. Jugée exorbitante, cette politique des prix remet au goût du jour la privatisation de la gestion de l’eau. De l’avis des enquêteurs, il est temps de revendiquer une gestion publique de l’eau et de l’assainissement. Adressant par là un message clair aux autorités: « au lieu de mettre en place un autre mode de gestion publique, plus démocratique et transparent, choisissant d’introduire le capital privé dans le secteur de l’eau à travers le concept de gestion déléguée ».
Retards d’investissement
Un autre registre où Redal 2 figure parmi les abonnées absents est celui des investissements. Tout d’abord, les écarts de bénéfices ne sont pas placés en bons du Trésor. Ensuite, pour ses besoins en liquidité, la société fait appel aux banques marocaines, en désaccord avec le contrat qui stipule que cette dernière devrait avoir recours aux sources de financement externes. Pire encore, les Français ont accusé un retard flagrant au niveau de la réalisation d’investissements. En effet, ils n’ont pu investir que 457 millions DH entre 2002 et 2008, marquant ainsi un écart, relevé par la cour des comptes et évalué à 493 millions de DH à fin 2008 contre 708 millions de DH l’année suivante. Enfin, le volet ressources humains est également pointé du doigt. Outre la précarisation des contrats et l’absence de promotion, une baisse remarquable, de l’ordre de 26% des effectifs employés, a été enregistrée. Alors que, initialement, Véolia s’était engagée sur la création de nouveaux postes d’emplois. ◆





Une seule omission dans cette article! Les noms des responsables qui ont traité ce dossier du temps de Basri qui était présent dans le capital et l’après Basri!
Qui sont les actionnaires de Veolia Maroc!!!!!!! A qui profite ces gestions déléguées!!!!
Un peu de courage Mr Mounjid!!!