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Victoire

Le vote du Parlement européen a laissé la raison s’exprimer. Avec 369 voix pour, c’est un écart de 140 voix qui sépare les pro et les anti. Il est plausible de parler d’une victoire pour le camp marocain et de ses acteurs, qu’ils soient professionnels du secteur ou diplomates. L’appel d’Alain Juppé, ministre des Affaires [...]

Le vote du Parlement européen a laissé la raison s’exprimer. Avec 369 voix pour, c’est un écart de 140 voix qui sépare les pro et les anti. Il est plausible de parler d’une victoire pour le camp marocain et de ses acteurs, qu’ils soient professionnels du secteur ou diplomates. L’appel d’Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères français, qui a fait le déplacement à Bruxelles, a donc porté ses fruits. Alors qu’une poignée de manifestants battaient le pavé il y a trois jours à Madrid devant le siège de la commission européenne, les slogans n’étaient pas hostiles à l’accord en tant que tel, mais aux circuits de distribution qui étouffent les agriculteurs. L’amalgame entre les deux faits doit être souligné, et les réponses proposées, adaptées au problème réel. Parce que, chiffres à l’appui, ce ne sont pas les quelques tonnes de tomates ou d’agrumes qui pénalisent les agriculteurs européens. Par ailleurs, sans revenir sur ce qui a été écrit dans l’éditorial d’hier, la question du protectionnisme et de ses conséquences doit être discutée en Europe. Il est important pour nos voisins du Nord de comprendre la dimension complémentaire, et non pas concurrente des économies du Sud. Tout comme il est utile de souligner que la production exclusive en Europe, si elle était techniquement possible, renchérirait les produits de manière substantielle, les mettant hors de portée de la majorité des citoyens de l’Union et conduisant par ricochet à la fermeture des outils de production inadaptés. C’est donc aux élus et aux personnes en charge de ces dossiers de faire preuve de réalisme en œuvrant à expliquer ces mécanismes complexes, au lieu de sombrer dans un populisme dangereux, qui fragilise leur position vis-à-vis de leurs propres  électeurs. Maintenant que cet accord a été validé, il reste à panser les blessures et oublier les insultes ainsi que les prises de position contradictoires pour essayer d’en tirer le meilleur pour les acteurs des deux rives. Ceci dit, le coup de semonce donné par les votes précédents, doit demeurer à l’esprit de nos représentants qui doivent travailler à un élargissement de nos horizons pour ne pas tomber à nouveau dans le piège d’un chantage agressif.

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