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Société

26 novembre 2011

Visite guidée au musée d’archéologie

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Situé en plein cœur de la zone administrative du quartier Chellah, le Musée d’archéologie de Rabat ne semble pas attirer les foules. Le Soir échos a franchi le seuil du bâtiment, allant à la rencontre de ses Hommes et de ses pierres.

Une double sépulture datée de 5900 ans, découverte en 1978 à Harhoura.   Photo S.T.B.

Une double sépulture datée de 5900 ans, découverte en 1978 à Harhoura. Photo S.T.B.

A quelques pas du chantier du Musée d’art contemporain se trouve un trésor caché. Aux antipodes chronologiques de son voisin. Quelques fouilles dans les rues voisines suffisent pour le dénicher. Il s’agit du Musée d’archéologie de Rabat. Ancien de près d’un siècle, et pourtant…si méconnu par les habitants même de la capitale.

A l’entrée, une grande carte expose aux visiteurs les différents sites archéologiques du pays. Une visite des lieux, à raison de 10 DH par personne (gratuite le vendredi), suffit à constater que les trésors archéologiques ne s’arrêtent pas à Volubilis. Dans le hall central, impossible d’échapper à la statue de marbre blanc de Ptolémée, qui veille sur l’exposition.

Il a fallu attendre l’année 1986 pour qu’une section islamique soit créée, (située à l’étage) donnant au musée sa répartition actuelle en trois sections.

« Auparavant, tout cela était dans un état lamentable », nous rappelle Khadija Bourchouk, la conservatrice du musée. Elle évoque le temps où le musée n’était pas encore un musée, mais un dépôt d’objets récoltés lors de fouilles. « Ce n’est qu’à la fin des années 1930 qu’a été ajoutée la salle ovale, pour organiser une petite exposition des collections des sites antiques, et de la préhistoire. »

Ossements, stèles, bijoux, pièces, statues.

Il a fallu attendre l’année 1986 pour qu’une section islamique soit créée, (située à l’étage) donnant au musée sa répartition actuelle en trois sections. La dernière transformation du musée a été réalisée en 2004, avec l’actuelle scénographie, qui a tenté de faire un équilibre entre les sections.

La collection du musée est variée. Le visiteur en sort enrichi sur l’évolution de la vie sur le territoire marocain, mais également surpris d’apprendre que toutes ces traces de l’Histoire ont été trouvées à quelques kilomètres de chez lui.◆

Entretien

Khadija BourchoukKhadija Bourchouk, Conservatrice du Musée d’archéologie de Rabat.

« Le Marocain commence à aller au musée »

On ne peut pas dire que la visite d’un musée soit l’activité phare des Marocains. Vous confirmez ?
La visite d’un musée n’était pas la préoccupation principale dans la vie du Marocain. Depuis la création de la direction du patrimoine de l’Institut des sciences de l’archéologie et du patrimoine (Insap), l’objectif est d’ailleurs de sensibiliser les gens vis-à-vis de ce domaine du patrimoine culturel. Les médinas et les monuments historiques sont plus fréquentés par les Marocains que les sites archéologiques et les musées.

Pour quelles raisons ?
Les médinas par exemple sont toujours vivantes, et la fréquentation y est assez régulière, par des personnes de tout âge et couches sociales. Ce qui n’est pas le cas des musées. C’est pour cette raison que nous avons créé plusieurs programmes dans ce sens, comme le programme « musée-école ». Lancé en 2009, il tente d’organiser des visites guidées pour les groupes scolaires, des ateliers, ainsi que la célébration du mois du patrimoine, qui dure de la Journée internationale des monuments et sites (18 avril) à la Journée internationale des musées (18 mai).

Que représente la visite du musée archéologique pour un enfant ?
C’est son identité, son histoire, et son avenir. C’est à partir du bas âge que l’on peut inculquer la tradition et la culture des musées, du patrimoine, et du tourisme culturel en général. Dans ce domaine, la sensibilisation doit commencer par les enfants. C’est rassurant de constater que d’une année à l’autre, il y a un développement important de la visite du musée par des groupes scolaires, et en particulier les établissements privés.

Qu’en est-il des établissements publics ?
Notre bataille cette année, c’est justement le public ! Les établissements publics souffrent d’un handicap au niveau du transport des groupes scolaires vers le musée, dû à une question de financement. Il faudrait que des partenariats soient créés entre le ministère de l’Education nationale et des associations.

Qu’en est-il de la fréquentation des adultes ?
Tout dépend des périodes. Il arrive qu’il y ait une affluence importante de visiteurs, en particulier le vendredi parce que c’est gratuit. Même si le tarif de 10 DH est dérisoire les autres jours de la semaine, les gens attendent quand même le vendredi. Et puis, ils viennent surtout quand il y a une manifestation organisée au musée, ou qu’une association organise des visites guidées. Cependant, depuis 2 ans, on remarque une hausse de la fréquentation. La mentalité commence
à changer.




 
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