Présentatrice sur RFI, Yasmine Chouaki explore au fil de son émission « En Sol Majeur » la double culture. Un programme où envolées musicales et magie des mots tissent la trame des rencontres avec ses invités. Portrait. celine girard S a voix explore chaque jour sur les ondes de RFI un destin métis, partant à la recherche [...]
Présentatrice sur RFI, Yasmine Chouaki explore au fil de son émission « En Sol Majeur » la double culture. Un programme où envolées musicales et magie des mots tissent la trame des rencontres avec ses invités. Portrait.
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a voix explore chaque jour sur les ondes de RFI un destin métis, partant à la recherche des confluences et influences des hommes et femmes de double culture. Au programme de l’émission « En Sol Majeur », les textes riches de Yasmine Chouaki plongent dans la densité du métissage, refusant toute simplification ou superficialité. En parallèle des mots, une programmation musicale, choisie par les invités, explore et donne la sonorité des identités plurielles.
Yasmine Chouaki débute sur la radio suisse romande de Genève en 1981, avant de se lancer à Radio Couleur 3, véritable laboratoire de créativité radiophonique. Après ses premières expériences sur les ondes du Vieux continent, elle part à la recherche de ses racines, sur l’autre rive de la Méditerranée, à Alger. « J’avais des questions d’identité à régler, je suis partie travailler pendant 2 ans sur la radio d’expression francophone d’Etat. C’était dans les années 86-87, peu avant les émeutes de 88, il y avait un flou politique, une vacance du pouvoir qui nous permettait une créativité d’une grande richesse » confie-t-elle au Soir échos. Bien que ses émissions soient souvent coupées, l’animatrice garde de cette parenthèse algérienne un souvenir de grande liberté, un goût pour la créativité qui ne la quittera pas lorsqu’elle rejoint RFI en 1992.
« Deux amours »
« J’ai deux amours : mon pays et Paris », chantait Joséphine Baker. Des paroles qui ressemblent à un leitmotiv pour l’émission de Yasmine Chouaki. « La question de l’identité, je la vis, je n’ai connu que des ruptures, des contre-regards sur ce que les gens pensent que je suis, sur mes deux cultures, française et algérienne », explique-t-elle. Au fil des rencontres avec les personnalités de double culture, c’est une richesse immense qui se dessine en sol majeur, malgré les déchirements dus à la pluralité des origines. « Le bilan général des entretiens repose plutôt sur des doubles cultures complexes, voir complexées, et douloureuses. Les gens ne le vivent pas comme une double richesse », constate Yasmine Chouaki.
La créativité est un mot qui revient souvent à la bouche de Yasmine Chouaki. Son émission sur RFI « En Sol Majeur » en est un exemple brillant : les voix se mêlent aux musiques, les souvenirs d’enfance éclairent les traits du présent, dévoilant des facettes inattendues des personnalités invitées. Derrière tous ces entretiens, une quête transparaît : comment vit-on et compose-t-on l’identité au pluriel ? Une question clé, au temps où les politiques d’intégration vacillent, et où le ministère de l’Identité nationale et de l’immigration est venu pointer son nez fureteur sur la scène politique française. « La France a toujours une image de la grandeur de la France, elle a le syndrome d’un ancien Empire qui ne se remet pas. Du coup, cela entraîne une difficulté à intégrer l’autre. La littérature en France souffre d’un manque de « créolité » ou de « créolisation ». Elle accepte difficilement les autres écritures francophones, la remise en question du dogme de la littérature. On ne fait que brandir des alibis, des symboles de la diversité, mais pas de vrais changements », regrette-elle.
En alliant poésie, images sonores et oralité soignée, l’émission de Yasmine Chouaki pose un regard ludique sur les vies de ses invités, ancrées dans une diversité pleine de promesses.




